Centre de Recherche en Ethnomusicologie

Christine Guillebaud - Centre de recherche en ethnomusicologie
Christine Guillebaud
Christine Guillebaud
Chargée de recherche au CNRS.
Responsable des programmes de recherche MILSON et POLIMUS
Membre du comité de rédaction des Cahiers d'ethnomusicologie (Genève, ADEM) et de la revue Gradhiva. Histoire et anthropologie des arts (Paris, Musée du quai Branly)
Inde
Kerala, Tamil Nadu
Patronage - Arts visuels - Danse - Savoirs - Politiques culturelles - Festivals - Perception - Environnements sonores
...

Christine Guillebaud mène ses recherches au Kerala, en Inde du Sud. Elle envisage cette région comme un véritable observatoire d’étude pour aborder l’objet musical dans toute sa complexité formelle, sociale, religieuse et politique et aussi dans ses rapports avec d’autres expressions du sensible comme les arts visuels ou encore la danse. Les thèmes de ses travaux concernent les processus de création musicale, la multimodalité, la propriété intellectuelle, l’humour musical ou encore la perception des environnements sonores quotidiens. Elle est l’auteur du livre Le chants des serpents. Musiciens itinérants du Kerala (2008), primé par l’Académie Charles Cros et éditrice de l'ouvrage Toward an Anthropology of Ambient Sound (ap 2015). Elle a également coédité les volumes La Musique n’a pas d’auteur (2010) et Notes d’humour (2013). Elle développe au sein du collectif de recherche MILSON « Pour une anthropologie des MILieux SONores » des travaux sur le sonore ordinaire des espaces publics et des lieux de culte. Elle coordonne enfin le programme POLIMUS « Musiques et politiques mémorielles » du Laboratoire d’excellence « Passés dans le Présent », dédié à l’étude située des narrations du passé et des reconstitutions musicales.

MILSON « Pour une anthropologie des milieux sonores ». Voir le site du projet : http://milson.fr

POLIMUS « Musiques et politiques mémorielles : émergence, histoire et appropriation » du Labex « Les Passés dans le présent« / POLIMUS « Music and memory politics: emergence, history, appropriations » of The Cluster of Excellence (labex) “Pasts in the Present".

- Membre du comité de rédaction de la revue Gradhiva. Histoire et anthropologie des arts (Musée du quai Branly)

- Membre du comité de rédaction de la revue Cahiers d’ethnomusicologie (Genève, ADEM)

- Membre du comité éditorial de la collection de livres Hommes et Musiques (Société d’ethnologie/Société Française d'Ethnomusicologie).

Expert (national) pour : l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (AERES), Programme de bourses du Musée du quai Branly; Programme Manifestations scientifiques de la Région Ile-de-France.

Expert (international) pour : Membre du Jury international du programme de bourses de l'Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM/Canada) ; Elected member of the Society for Ethnomusicology SEM Council (USA)

2012 Lauréate d’une Aide à la recherche et au patrimoine du Centre National de la Danse

2011 Lauréate d’une subvention de recherche « Jeunes chercheurs » de la Fondation Fyssen.

2010 Prix « Coup de cœur Musiques du Monde » de l’Académie Charles Cros pour le livre Le chant des serpents. Musiciens itinérants du Kerala (CNRS Eds.)

2004 Lauréate d’une « Allocation exceptionnelle » de la Bourse Eugène Fleischmann, Société d’Ethnologie.

2003 Recommandation spéciale pour un Prix et aide à la publication de la thèse (Paris X)

Ouvrages

2008 Le chant des serpents : musiciens itinérants du Kerala. Paris : CNRS Éditions. Collection «  Monde Indien  ». Avec 1 DVD-rom multimédia encarté.
Officiants de rituels domestiques, chanteurs au porte-à-porte, contractuels à la radio d’Etat, intervenants dans les colloques de musicologie indienne... Les musiciens itinérants du Kerala (Inde du Sud) pratiquent leur art selon des codes mouvants, riches, inventifs, sans cesse redéfinis en fonction des commanditaires, des lieux et des circonstances. Les «services musicaux» qu’ils offrent aux familles de haut statut visent à traiter les maux et les infortunes. Du fait même de leur mobilité, ils sont au coeur des réseaux de patronage qui caractérisent la société indienne. Christine Guillebaud a suivi ces artistes «nomades» dont l’expression musicale emprunte aux formes populaires et sacrées, mêlant instruments, images, concepts, danses, voix, divinités. Une enquête passionnante qui permet de comprendre in situ le processus de création du «chant des serpents». Le DVD-Rom d’accompagnement présente de manière thématique une série d’enregistrements sonores, photographies, documents audio-visuels et traduction de chants recueillis au Kerala entre 1999 et 2001.
Christine GUILLEBAUD & Victor STOICHIŢĂ (dirs.)
2013 Notes d’humour. Genève : Georg/ADEM. Cahiers d’ethnomusicologie, 26.
Existe-t-il un humour sonore ? Qu’il s’agisse de chansons comiques ou de formes théâtrales, la musique est souvent mêlée à des constructions humoristiques. Mais qu’apporte-t-elle au juste ? Ce volume propose des descriptions ethnographiques de différents cas d’humour sonore. Il aborde des répertoires, des pratiques musicales et des techniques d’une grande diversité géographique et culturelle. L’analyse porte sur les modalités propres au sonore et sur ses interactions avec d’autres registres expressifs comme le geste ou la danse. Quels sont les procédés utilisés dans le comique musical (parodie, caricatures, ironie, absurde, etc.) ? Comment les auditeurs les identifient-ils ? Comment l’humour apparaît-il (ou non) lorsque différentes cultures musicales se rencontrent ? Autant de pistes que ce volume explore afin de comprendre les différents processus impliqués dans le comique musical. L’ensemble des documents audiovisuels analysés dans les articles est disponible sur le site de la Société Française d’Ethnomusicologie à l’adresse www.ethnomusicologie.fr/ce26.
Christine GUILLEBAUD, Julien MALLET, & Victor STOICHIŢĂ (dirs.)
2010 La musique n’a pas d’auteur. Ethnographies du copyright. Paris : Musée du quai Branly. Gradhiva. Histoire et Anthropologie des arts, 12.
À l’heure où la propriété intellectuelle fait l’objet d’un large débat en France, et à l’échelle de différentes organisations internationales, comment se cristallise-t-elle dans différentes sociétés du monde ? Ce numéro interroge les notions clés liées au copyright et à la création, à partir d’analyses centrées sur la musique. Il rappelle les conditions historiques d’émergence des notions d’œuvre et d’auteur et la difficulté soulevée par leur extension à d’autres cadres culturels. Les études rassemblées dans ce numéro constituent des « ethnographies du copyright », au sens où chacune tente, à sa manière, de suivre au plus près les principes vernaculaires de la propriété des idées musicales. Elles détaillent pour cela des situations de performance, des marchés conclus ou des mésententes, dans leurs spécificités culturelles, mais aussi dans leur confrontation aux principes et pratiques, désormais mondialisés, de la propriété intellectuelle.

Articles et chapitres

2015sp « General Introduction », in C. Guillebaud, dir.: Toward an Anthropology of Ambient Sound. New-York: Routledge. Anthropology series.
 
2015sp « Standing out from the crowd. Vocal and sound techniques for catching peoples’ attention in an Indian bus stand », in C. Guillebaud, dir.: Toward an Anthropology of Ambient Sound. New-York: Routledge. Anthropology series.
2011a « Création musicale et politique culturelle. Ethnographie de festivals au Kerala (Inde du Sud) », in J. Bouët & M. Salomos, dirs.: Musique et globalisation. Musicologie-Ethnomusicologie. Paris: L’Harmattan : 157‑172.
2011b « Des musiques aux saveurs locales : l’exemple d’un cinéma régional », in L. Aubert, dir.: La Saveurs des arts. De l’Inde moghole à Bollywood. Genève: Musée d’Ethnographie/Infolio : 144‑152. [Traduction anglaise : « Music with Local Flavour. The example of a Regional Cinema », in L. Aubert (éd.), Flavours of the Arts. From Mughal India to Bollywood, Geneve : MEG-Infolio : 144-152].
2011c « Music and Politics in Kerala : Hindu Nationalists versus Marxists », in D. Berti, N. Jaoul & P. Kanungo, dirs.: The Cultural Entrenchment of Hindutva. Local Mediations and Forms of Convergence. Delhi: Routledge : 29‑63.
2011d « Women’s Musical Knowledge and Power, and their Contributions to Nation-Building in Kerala, South India. A case study of Kaikkottukali », in H. Brückner, H. De Bruin & H. Moser, dirs.: Between Fame and Shame. Performing Women - Women Performers in India. Wiesbaden: Harrassowitz Publishing HouseDrama und Theater in Südasien, 9.  : 189‑207.
2010 « Du rituel à la scène de festival. Suivre le texte en train de se faire. (Kerala, Inde du Sud) », in F. Dupont, dir.: La voix actée. Vers une nouvelle ethnopoétique. Paris: Kimé : 91‑108.
Christine GUILLEBAUD & Marie-Pierre GIBERT
2010 « Les pouvoirs du sensible. L’exemple du geste dansé. Synthèse d’atelier », in B. Thomann, dir.: Les Mondes de l’Asie et du Pacifique. Recherches et enjeux. Paris: Les Indes Savantes : 245‑248.
Christine GUILLEBAUD
2008 « « Tourner les maux ». Des musiciens itinérants au Kérala et de leurs services de guérison au porte-à-porte », in P. Cohen, dir.: Figures contemporaines de la santé en Inde. Paris: L’Harmattan : 173‑193.
Christine GUILLEBAUD & Virginie JOHAN
2006 « Vers une anthropologie esthétique ? Le cas des arts performatifs en Asie : terrains et méthodes », in J.-F. Sabouret, dir.: Les Mondes asiatiques : Recherches et enjeux. Paris: Les Indes Savantes : 141‑143.
Christine GUILLEBAUD
2005 « Le croisement des musiques classiques et populaires : l’exemple de la catégorisation au Kerala (Inde du Sud) », in J.-J. Nattiez, dir.: Musiques. Une encyclopédie pour le XXIe siècle, Musiques et cultures. Paris: Actes Sud / Cité de la Musique 3: 672‑699. Version en français de l’article publié en 2003.
2003 « L’innesto fra musiche classiche e popolari : l’esempio della categorizzazione nel Kerala (India meridionale) », in J.-J. Nattiez, dir.: Enciclopedia della musica. Turin: Giulio Einaudi Editore 3: Musica e culture: 616‑642.
2015sp « A Plusieurs voix. Modalités d’exécution et d’appréciation de la ronde dansée kaikoṭṭukali au Kerala (Inde du Sud) ». Cahiers d’ethnomusicologie 28. [n° thématique : le goût musical]. Article accompagné de documents vidéo et audio en ligne.
À partir de l’exemple de la ronde dansée kaikoṭṭukali au Kerala, l’auteure souligne l’extrême tension observable entre voix individuelles et collectives lorsqu’il s’agit de rendre compte des jugements de goût, tension que cherche à retranscrire l’expression « A plusieurs voix » utilisée en titre. L’approche par le portrait de musiciennes permet de faire surgir les prises de position subjectives, les rivalités individuelles ou encore l’organisation quasi concurrentielle des points de vue sur ce qu’il est convenu de « bien réaliser » et de « bien faire ensemble ». A partir d’une enquête effectuée par triangulation auprès de trois chefs de troupe, l’auteur identifie les critères et les valeurs qui coexistent au sein de ce monde chorégraphique hétérogène. Il ressort que les critères du « bien réalisé » ont un faible ancrage dans le registre de l’émotion et de l’attachement. Plus que sur la « beauté » d’une performance ou sur le ressenti des danseuses, les appréciations se focalisent sur les aspects compositionnels (le rapport entre chant et danse, la simplicité, la complexité), la perception globale de la forme (l’intelligibilité des textes, l’harmonie visuelle de la ronde) ou encore l’attitude intérieure et visible de l’extérieur des danseuses (dévotion, sérieux, discipline). Enfin, à la lumière d’une analyse « axiologique » de ces critères, l’étude conclut que c’est principalement la valeur d’authenticité (la sensibilité à l’origine) qui est la clé de voûte commune aux discours des danseuses.
 
2014 « L’art de la multimodalité. Musique, image et danse en Inde ». Anthropologie et société 38(1). [n° thématique : Ethnomusicologie et anthropologie de la musique : une question de perspective]. Article accompagné de documents audio et vidéo en ligne.
Cet article examine le concept d’intersection à partir d’observations effectuées sur le terrain des pratiques rituelles en Inde. Ce concept permet de décrire différentes modalités de convergence qui unissent ou différencient les pratiques artistiques que sont la musique, les arts visuels ou encore la danse. Dans la perspective d’une anthropologie du sensible, l’auteure analyse différents procédés de composition consistant à associer des formes esthétiques a priori distinctes (ex : une formule rythmique spatialisée autour d’un dessin de sol ; un chant mis en décalage d’un mouvement dansé), ou encore à les dissocier dans certains cadres récents de performance. Cette démarche, fondée sur l’observation de rituels in situ, est à même d’offrir un cadre de comparaison dépassant le terrain indien et ses spécificités culturelles. On envisagera en effet ces intersections comme de véritables médias de l’efficacité rituelle, tout en s’appuyant sur les théories locales dont ils font l’objet. Quelle est la nature de ces expériences combinant des expressions visuelles et sonores ? Comment les décrire et avec quels outils ? À travers l’association (ou la dissociation) des registres expressifs, comment les acteurs attribuent-ils des valeurs spécifiques ?
 
2013 « Bruitage et sonorisation rituelle : les régimes de l’humour au Kerala (Inde du Sud) ». Cahiers d’ethnomusicologie (26): 89‑110. [n° thématique : Notes d’humour]. Article accompagné de documents audio et vidéo en ligne : http://www.ethnomusicologie.fr/plateforme-multimedia/ce26/guillebaud.
Qu’il s’agisse de pratiques rituelles institutionnalisées ou de performances ordinaires, les régimes sonores de l’humour sont à observer dans des contextes divers. L’article s’appuie sur des exemples de saynètes observées lors de différents rituels domestiques pā⬚pin tu⬚⬚al (« tremblement des serpents ») au Kerala, en Inde du Sud. Il s’agit de déterminer comment le sonore participe de cette « mise à distance » (Tarabout 1998) de certaines divinités mineures, telles les bhūta, lors de leur manifestation publique. S’appuyant tantôt sur des  procédés de bruitage ou encore des dynamiques de tempo, les musiciens sonorisent (plus qu’ils ne musiquent) l’apparition de ces êtres incongrus dans l’espace rituel. Ces réalisations sonores se mêlent aussi pleinement à d’autres expressions qui leur sont indissociables, comme le jeu théâtralisé ou encore la danse. Le passage du registre comique à celui du « sérieux » (présidant par exemple les séances de possession tu⬚⬚al) est généralement prédéterminé dans la logique globale du rituel, mais l’imprévu est aussi parfois de mise. L’un peut glisser très rapidement vers l’autre, créant des degrés variables d’expression comique, théâtrale ou dansée.

Christine GUILLEBAUD & Victor STOICHIŢĂ
2013 « Introduction. Constructions sociales de l’humour sonore ». Cahiers d’ethnomusicologie (26): 13‑20. [n° thématique : Notes d’humour]. Texte intégral en ligne : http://ethnomusicologie.revues.org/1970.
 
Christine GUILLEBAUD
2011 « Savoirs dansés. Enjeux statutaires dans la ronde féminine kaikkottukali (Kerala, Inde du Sud) ». Purusartha (29): 79‑107. [n° thématique : Construire les savoirs dans l’action. Apprentissages et enjeux sociaux en Asie du Sud].
Based on the case-study of the dance-group kaikkottukali, this article examines the different types of knowledges that are made manifest in a performance, for instance collective coordination or dissociation between what is expressed in singing or music and what is shown through dancing. It also focuses on the new media, such as books and video-recordings (VCD) that help make this particular dance better known among the private caste-organisations networks and art-schools festivals supported by the regional State of Kerala. Even if this dance has managed to reach a larger audience today, locally it bears statutory stakes that need constant redefinition. The analysis of the types of knowledges is viewed alongside that of forms of ascendancy (and of local personalities) that hold authority on aesthetic codes used by performers. And it shows a process of crystallisation between the conflicting values of a caste-based society that organises musical knowledge on hierarchical terms and the cultural policy of a Communist government which aims at diffusing egalitarian values to which the different groups of performers try to adjust or to resist.

Christine GUILLEBAUD, Julien MALLET & Victor A. STOICHITA
2010 « Ethnographies du copyright ». Gradhiva (12): 4‑19. Texte intégral en ligne : http://gradhiva.revues.org/1929.
 
Christine GUILLEBAUD
2010 « Nimbuda ou la carrière d’un citron amer : musiques régionales et industrie cinématographique en Inde ». Gradhiva. Revue d’anthropologie et d’histoire des arts (12): 56‑76. Texte intégral en ligne : http://gradhiva.revues.org/1847. 3 extraits audio en ligne : http://gradhiva.revues.org/1814.
Il est une procédure de création musicale particulièrement répandue en Inde, l’emprunt de mélodie. Il consiste pour le musicien à s’appuyer sur des airs préexistants, et à les investir d’un nouveau contenu, textuel, stylistique, esthétique, etc. C’est dans l’industrie cinématographique qu’il trouve son plus grand aboutissement. La musique filmi s’inspire des genres les plus divers – du rock au hip-hop en passant par la musique symphonique, les traditions classiques indiennes ou encore les nombreux répertoires régionaux. Comment questionner la notion de « propriété intellectuelle » face à ces pratiques cultivant l’emprunt et la multiplicité des sources ? Quels sont les ressorts de la copie, de la parodie et du remake ? L’exemple de la chanson Nimbuda, en hindi « Citron amer », fournit un cas exemplaire. Attribuée à la fin des années 1990 à différents « auteurs », tour à tour un chanteur de basse caste manganiyar puis un compositeur de musique de film de Bollywood, la chanson en a par là même hérité une carrière des plus singulières. L’article en retrace la chronologie spécifique et analyse comment les questions de droits d’auteur ont surgi. Il montre enfin comment, dans ce marché prolifique où la copie (illégale) des enregistrements est généralisée, les musiciens les plus socialement marginalisés ont bénéficié de nouveaux espaces de diffusion.
Christine GUILLEBAUD
2009 « Musique mécanique et temple hindou : histoire controversée d’un dispositif visuel et sonore ». Terrain. Revue d’Ethnologie de l’Europe (53): 98‑113. Texte intégral en ligne : http://terrain.revues.org/13799.
L’article retrace la genèse du marché de l’automate à musique en Inde du Sud, de sa conception par un ingénieur de Madras à son utilisation dans le temple hindou, jusqu’à son retrait récent de la plupart des grands centres religieux de la région. Il s’agit de questionner le statut hybride de la musique mécanique par rapport aux autres dispositifs visuels et sonores du temple, comme les cloches manuelles de sanctuaire, les enregistrements sur CD ou encore les boîtes électroniques. L’auteur montre comment l’automate cristallise un débat portant précisément sur ses propriétés intrinsèques, à savoir sa capacité à rendre visible la musique à travers un geste non humain. L’ambivalence de la machine devient ainsi l’objet de controverses et de négociations incluant un ingénieur, des officiants, des divinités, des dévots, des autorités religieuses, des industriels et enfin des ministres d’État.
2006 « Variation and Interaction between Musical and Visual Components in a Kerala Ritual for Snake Deities ». Indian Folklife 24. [Special issue : On Memory. Processes and Supports.].
Christine GUILLEBAUD
2004 « De la musique au dessin de sol et vice-versa. Un répertoire kéralais de formes sonores et graphiques ». Cahiers de Musiques Traditionnelles Traditionnelles (17): 217‑243. [n°thématique : Formes musicales]. Texte intégral en ligne : http://ethnomusicologie.revues.org/473.
Les rituels menés par la caste des Pulluvan au Kerala, en Inde du Sud, constituent un cas particulier d’intersection entre le sonore et le visuel. Ces musiciens de basse caste, spécialistes du culte aux divinités serpents, emploient la notion de « forme» (rūpam) pour désigner des procédés de composition à la fois musicaux et graphiques. L’article tente de reconstituer les règles régissant leur répertoire de chants et de dessins de sol (kaḷam) et analyse précisément la façon dont ils manient de manière interdépendante ces deux supports. Cette étude ethnomusicologique, fondée sur le caractère multisensoriel des rites observés, ouvre une réflexion générale sur les différentes modalités de convergence observables entre les expressions sonores et visuelles.
2004 « Musique et société en Asie du Sud ». L’Homme 171-172(3): 499‑512. Texte intégral en ligne : http://www.cairn.info/revue-l-homme-2004-3-page-499.htm.
En 1964, Alan P. Merriam définissait l’ethnomusicologie comme l’étude de la musique dans la culture et en tant que culture («music in and as culture»). Or, en Asie du Sud, rares sont les auteurs qui ont pensé l’objet musical en ces termes. Les pages qui suivent font l’état des lieux des travaux les plus importants des quinze dernières années. J’aborderai successivement la musicologie historique, les études portant sur les traditions classiques contemporaines, l’ethnomusicologie naissante des objets «non classiques», les modèles performatifs et enfin les enjeux soulevés par l’étude des musiques dites «populaires» (popular music).
2012 « Towards an Anthropology of Sound Milieux. Perspectives from India », Proceedings of the 2nd International Congress on Ambiances/Actes du 2nd Congrès International sur les Ambiances (Montréal, 2012). International Ambiances Network/Réseau International Ambiances : 317‑322.
2010 « Les conditions de ‘mise en culture’ des performances religieuses au Kerala », Actes du Colloque de Royaumont  Art, sacré et religion : transferts, connexions, échanges (16-17 oct. 2009). Abbaye de Royaumont : EHESS/Fondation Royaumont
2007a « Multisensorialité et pouvoir. L’exemple de la danse féminine kaikkottukali (Kerala, Inde du Sud) », Actes du 3ème Congrès du Réseau-Asie (26-28 sept). Paris : MSH/Maison de la Chimie
2007b « Orchestrer la culture : musique et politique au Kerala (Inde du Sud) », Actes du 3ème Congrès du Réseau-Asie (26-28 sept). Paris : MSH/Maison de la Chimie Lien vers les photos : http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&Mcenter=colloque&TypeListe=showdoc&email=&password=&ID_document=547 . (Version filmée publiée sur Dvd-rom : Politiques culturelles et processus identitaires en Asie. Production Réseau-Asie IMASIE/CNRS Images, 2008).
2005 « Voix de femmes. Construire le savoir musical en Inde du Sud », Actes du 2ème Congrès du Réseau-Asie. Paris : MSH/Centre de conférences internationales

Disques, films, multimédia

2014 « Montages audio et vidéo publiés avec l’article «L’art de la multimodalité. Musique, image et danse en Inde » ». Anthropologie et Sociétés 38 (1) : 25-45.
Christine GUILLEBAUD & Vincent RIOUX
2014 « Participation in the International exhibition Echo-Locations. The Sounds of Elsewhere ». Limerick, Irlande.
Christine GUILLEBAUD
2013 « Multimedia presentation (audio et vidéo) publiée avec l’article "Bruitage et sonorisation rituelle : les régimes de l’humour au Kerala (Inde du Sud)" ». Cahiers d’ethnomusicologie (26). [n° thématique : Notes d’humour].pp. 89-110.
2011a « Multimedia presentation (videos and photos) published with the article: "Women’s Musical Knowledge and Power, and their Contributions to Nation-Building in Kerala, South India. A case study of Kaikkottukali" ».
2011b « Ouverture du site web du collectif de recherche ». MILSON - Pour une anthropologie des milieux sonores.
2010 « Exemple audio publiés avec l’article "Nimbuda ou la carrière d’un citron amer : musiques régionales et industrie cinématographique en Inde" ». Gradhiva 12 ‘La musique n’a pas d’auteur’ : 56-79.
Christine GUILLEBAUD & Aude JULIEN DA CRUZ LIMA
2010 « Conseil scientifique pour l’habillage sonore de l’audioguide de l’exposition Autres maîtres de l’Inde ». Musée du quai Branly.
Christine GUILLEBAUD & Vincent RIOUX
2009 « Musique mécanique et temple hindou. Montage sonore accompagnant l’article du même titre ». Revue Terrain 53.
Christine GUILLEBAUD & Philippe JOBET
2008 « Le chant des serpents. Musiciens itinérants du Kerala. (DVD-rom encarté dans le livre du même titre) ». 80 extraits musicaux, films et animations multimédia.
Christine GUILLEBAUD
2007 « Création du site web du Centre de recherche en Ethnomusicologie (et responsible du site), avec M. Sebiane (1ère version: 2007-2008) et V. Rioux (2ème vesion : 2008-2010) ».
Christine GUILLEBAUD & NO DESIGN
2006 « Exposition multimédia : "Musique et image rituelle (Kerala, Inde du Sud)" ». Musée du Quai Branly. (Espace « Boîtes »).
Christine GUILLEBAUD
2005 « Articles introductifs aux musiques de l’Inde et de l’Asie du Sud. Présentation multimédia des archives sonores et audiovisuelles de la Cité de la Musique ».

Autres publications

2008 « Compte rendu de l’ouvrage de : Rolf Killius, Ritual music and Hindu Rituals of Kerala (Delhi, B.R. Rhythms) ». Cahiers d’ethnomusicologie (21): 305‑308.
2005 « Ce qu’on en dit et ce qu’on en fait. Entretien avec Regula Burckhardt Qureshi ». Cahiers de Musiques Traditionnelles (depuis Cahiers d’ethnomusicologie) (18): 253‑273.
2002 « Compte rendu de l’ouvrage de : Isabelle Clinquart, Musique d’Inde du Sud : petit traité de musique carnatique (Paris : Cité de la Musique/Actes Sud) ». Cahiers de Musiques Traditionnelles (depuis Cahiers d’ethnomusicologie) (15): 189‑193.
2000 « Compte rendu de disques : Théâtre et danse de l’Inde du Sud : deux publications récentes ». Cahiers de Musiques Traditionnelles (13): 251‑253.
2010a « De la tradition à Bollywood. Le sous-continent indien ». Cités Musique. Revue de la Cité de la musique 63: 21‑23.
2010b « Musique ». in F. Landy & G. Tarabout, dirs.: Dictionnaire de l’Inde contemporaine. Paris: Armand Colin : 343‑345.
2009 « Les Ramayanas de l’Inde ». Cités Musique. Revue de la Cité de la musique (60): 14.
2003 « L’innesto fra musiche classiche e popolari : l’esempio della categorizzazione nel Kerala (India meridionale) ». in J.-J. Nattiez, dir.: Enciclopedia della musica (Einaudi). Turin: Giulio Einaudi Editore 3 : Musica e culture: 616‑642.
2001 « Musiques de l’Inde du Sud : genres et contextes ». Cités Musique. Revue de la Cité de la musique (34): 5.
 
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Le 30/05/2016
seminaire-30-05-16Séminaire avec Armelle Gaulier de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Le groupe de rock alternatif Zebda est né d’une aventure associative pendant les années 1980 à Toulouse. Composé de français issus de l'immigration maghrébine postcoloniale et des immigrations espagnoles et italiennes du début du XXème... [Lire la suite]
Le 06/06/2016
Séminaire de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Coordonné par Jean-Pierre Estival. Titre et résumé à venir… [Lire la suite]