Centre de Recherche en Ethnomusicologie

Sylvain Roy - Centre de recherche en ethnomusicologie
Sylvain Roy
Sylvain Roy
Doctorant du CREM
Boursier de la « bourse des collections » du musée du Quai Branly
Médiateur culturel
Afghanistan, Chine, Inde, Kirghizistan, Mongolie, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan
Patrimoine immatériel - Ethnomusicologie - Organologie - Lutherie - Rythmes - Modes - Transmissions
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Doctorant depuis septembre 2012, je mène une étude sur les rubâbs d'Asie Centrale et plus particulièrement sur le rubâb afghan.  

 

Le rubâb afghan, luth originaire du Pachtounistan historique, région située entre le sud de l'actuelle Afghanistan et le nord du Pakistan, est, à l'instar du dutar, l’un des instruments les plus répandus en Asie Centrale. On le rencontre en effet sous cette même appellation en Afghanistan, en Ouzbékistan, au Tadjikistan, au Badakhshan, au Baloutchistan, au Pakistan et au Cachemire. Présent en Inde jusqu'à la fin du XIXe siècle; il sera transformé pour être adapté à la musique hindustani. On le connait de nos jours sous le nom de sarod.

 

Le mot "rabâb", "robâb" ou "rubâb", d'origine arabe, désigne en Asie Centrale jusqu'au XIVe siècle principalement un instrument à cordes frottés. A partir du XIVe siècle, il est employé uniquement pour désigner un luth à cordes pincées. Ce luth est constitué d'un corps en bois creusée d'une cavité simple, élaborée ou complexe selon les spécimens. Cette cavité sera en partie ou totalement recouverte d'une parchemin, qui assure la fonction de table d'harmonie. Quand le parchemin ne recouvre que la partie inférieure de la cavité, l'autre partie, celle supérieure, se verra recouverte par une planche de bois, il s'agit de la table touche (désignant sa double fonction : table d'harmonie et touche).

 

Le rubâb afghan aurait fait son apparution vers le XVIIe siècle. Ce luth, de forme particulière tant elle est différentes des autres rubâbs est constitué de trois volumes évidés sur toute sa longueur. De par sa forme particulère, certains pense qu'il serait issu d'un ancêtre à cordes frottées.

 

Il semblerait que ce soit la population pachtoune qui ait joué le rôle de vecteur dans la diffusion de ce luth d'Asie. L'histoire nous raconte qu'il est arrivé en Inde avec les invasions successives de la population pachtoune. Même chose à Hérat, où l'instrument est encore associé aux invasions pachtounes du XVIIIe siècle. En Ouzbékistan, il semblerait que ce soit des marchands pachtoune qui l'aient transporté jusque dans le cœur de l'Émirat de Boukhara, ce serait entre les mains de musiciens boukhariotes, qu'il aurait poursuivit sa progression jusque dans les régions de Samarkand et de Douchanbé (capitale de l'actuelle Tadjikistan).

 

Dans le début des années '30, l'Union Soviétique lance un programme de "reconstruction" des instruments de musique en Ouzbékistan et au Tadjikistan, l'objectif était de faire en sorte qu'ils puissent interpréter de la musique classique occidentale. Sous la direction d'Achot Ivanovich Petrosiants, plusieurs luthiers, dont certains n'avaient aucune expérience dans ce domaine, ont été réunis au conservatoire national de Tachkent pour réinventer ces instruments. Le rubâb afghan, que joué jusque là la population boukhariote de Tachken, n'a pas échappé à ces transformations. Bien que l'instrument des ateliers du conservatoire n'ait plus rien à voire avec son ancêtre, les ouzbeks continuent de le nommer "rubâb afghan".

Sep 16, 2015
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