Centre de Recherche en Ethnomusicologie

Maho Sébiane
Maho Sébiane
Maho Sébiane
Docteur associé au CREM
Kenya, Tanzanie, Bahreïn, Émirats arabes unis, Oman, Qatar
Histoire – Pragmatique- Catégorisations- Ritualisations - Relations musique-possession - Esthétiques - Politiques culturelles- Patrimonialisations.
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Après une thèse sur la pratique de la possession et l’implication de l’esclavage dans le complexe rituel leiwah en Arabie orientale, les travaux de Maho Sebiane portent sur les différentes pratiques musicales et rituelles dans le Golfe arabo-persique. Ils s’inscrivent dans l’objectif de mieux comprendre les processus en jeux dans la reconfiguration de ces pratiques en croisant les perspectives de l’ethnomusicologie, de l'anthropologie, de l’ethnolinguistique et de l’Histoire. Ils impliquent notamment une réflexion sur l’ajustement des processus de catégorisations mis en œuvre dans cette région et leur incidence sur la compréhension et la représentativité des pratiques musicales à l’échelle du monde arabo-islamique.

2016  Mention spéciale du jury pour le Prix de thèse 2016 sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans organisé par l’Institut d’étude de l’islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) et le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Moyen-Orient et mondes musulmans.

2015 Recommandation spéciale pour un Prix et aide à la publication de la thèse (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

2010 Lauréat d’une Allocation de recherche de 24 mois du CEFAS (Centre Français d'Archéologie et de Sciences Sociales de Sanaa -CNRS-MAE).

Articles et chapitres

2014 Sebiane M. « Entre l’Afrique et l’Arabie : les esprits de possession sawâhili et leurs frontières ». Journal des africanistes. Vol. 84, n°2, p. 48‑79.
À travers l’étude comparative des composants cérémoniels du rituel de possession leiwah au Sultanat d’Oman (Arabie orientale) et ceux des cérémonies de possession des cultes bara et kipemba en Tanzanie et Kenya (Afrique de l’Est), cet article se propose de dégager la parenté entre le leiwah d’Arabie et ces deux cultes est-africains. Tout d’abord, il distingue de quelles façons le leiwah est associé à l’esclavage des Noirs d’origine est-africaine en Arabie orientale, qu’il présente des différences avec le culte zâr, précédemment connu en Arabie, et que son panthéon d’esprits sawahili renvoie à des esprits swahilis en Afrique de l’Est. Puis, à travers l’exposition et la comparaison des panthéons d’esprits et des composantes cérémonielles relevées dans les cérémonies leiwah, bara et kipemba, il est indiqué de quelles façons la parenté entre ces cultes de possession peut être considérée comme pertinente, dans la mesure où les traits communs se recoupent de manière significative. Ces éléments permettent, finalement, de considérer comme plausible l’hypothèse d’une transmission – peut-être fragmentaire aujourd’hui – d’une culture swahilie en Arabie orientale.
2011 Sebiane M. « La patrimonialisation des musiques traditionnelles aux E.A.U : État des lieux et enjeux d’une politique culturelle en mutation 1971-2010 ». MUSICultures. Vol. 37, p. 61‑74.Voir https://journals.lib.unb.ca/index.php/MC/article/viewFile/20227/23329
À travers l’étude diachronique de la politique culturelle relative au patrimoine immatériel aux Émirats Arabes Unis depuis sa fondation en 1971, cet article analyse l’origine et l’évolution du processus de patrimonialisation des musiques traditionnelles et la manière dont elles ont été instrumentalisées par l’État afin de construire l’identité de la nation. Il distingue comment les termes de la convention de 2003 pour la sauvegarde des PCI de l’UNESCO qui, induits des mécanismes d’institutionnalisation du patrimoine, entérinent une patrimonialisation de fait aux Émirats et légitiment une politique culturelle axée sur la marchandisation de la culture. Dans ce contexte, la crise identitaire actuelle et la déliquescence rapide des pratiques musicales locales représentent les éléments visibles d’une mutation structurelle de grande ampleur de la gestion de la culture. Elles indiquent qu’à terme le phénomène observé aujourd’hui aux Émirats, avec le projet de la nouvelle Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abû Dhabi (ADACH) de créer un centre pour les musiques dans le monde de l’islam à Al Aïn, est tourné vers une stratégie de captation et de monopolisation économique du patrimoine immatériel à l’échelle du Golfe arabo-persique.
2007 Sebiane M. « Le statut socio-économique de la pratique musicale aux Émirats Arabes Unis : la tradition du leiwah à Dubai ». Chroniques yéménites. Vol. 14, p. 117‑136. Voir http://cy.revues.org/1498
Le leiwah est une tradition musicale afro-arabe, qui s’est diffusée dans le golfe Persique à partir de l’Afrique de l’Est par l’intermédiaire des marchands omanais. À Dubai, le leiwah est interprété principalement lors des mariages des différentes communautés de la ville (Bédouins, Baloutches, ‘Ajam), ainsi que lors des commémorations, les fêtes nationales et les festivités commerciales. Il est pratiqué par les membres de ces communautés, de manière semi-professionnelle, plus particulièrement par certains Baloutches, au sein de structures associatives, les Associations d’Arts populaires. Anciennement non rémunérée, cette pratique est aujourd’hui au centre d’une activité économique hautement concurrentielle entre les ensembles musicaux et les associations qui les abritent. Ce phénomène récent dans le contexte urbain, culturel et social de Dubaï permet d’éclairer le statut des musiciens dans la société et dans l’économie émiratie, en pleine mutation par rapport au modèle traditionnel qui était encore en vigueur il y a quarante ans.

2010 « Patrimoine culturel immatériel dans la Golfe arabo-persique, de la construction nationale aux enjeux économiques : le cas des Émirats arabes unis (1971-2010) ». In : David J-C, Müller-Celka, éd. Quatrième atelier : Patrimoines culturels en Méditerranée orientale : recherche scientifique et enjeux identitaires. Lyon : Voir http://www.mom.fr/ressources-numeriques/documents-numerises/colloques-texte-integral/patrimoines-culturels-en-mediterranee-orientale/4eme-atelier
La région du Golfe arabo-persique (illustrée ici par les Émirats arabes unis) constitue un observatoire d’étude récent en matière de politiques culturelles et de l’emprise grandissante de l’économie de marché sur le patrimoine immatériel.  Cette région présente en effet une grande diversité de pratiques musicales traditionnelles communautaires (bédouin, baloutche, zandj… etc.), qui sont encore pratiquées dans la sphère sociale tout en constituant un capital symbolique incontournable dans le développement économique.  Depuis 1971 – date de la création de la fédération des Émirats Arabes Unis –, les traditions musicales connaissent à des degrés divers des transformations dans leur cadre de performance comme dans leur modalité d’exécution. Un phénomène qui résulte en partie d’un mécanisme de patrimonialisation visant à promouvoir une unité culturelle nationale. Aujourd’hui, suite à la ratification de la convention de l’UNESCO pour les PCI par les E.A.U. et à l’émergence d’un marché culturel local aux spécificités urbaines, le secteur entrepreneurial capte et transforme à son tour ces musiques patrimonialisées au moyen de processus de production et de diffusion inhérents à la sphère économique  L’objet de cette intervention est de présenter les grandes phases de la politique culturelle des E.A.U. et sa mutation actuelle en mettant en évidence la logique qui sous-tend les transformations relevées dans les traditions musicales locales.

Disques, films, multimédia

1998 Pont & Tambours : la percussion libre à Paris. Illimited Productions, Paris,
Court métrage documentaire
2007 « Création de la première version du site du CREM ». In : Centre de recherches en ethnomusicologie.
Conception et réalisation de la première version du site du CREM. Élaboration de la charte graphique et création du logotype du CREM.

Autres publications

2012 Compte rendu de « Dieter Christensen et Salwa El-Shawan Castelo-Branco, Traditional Arts in Southern Arabia. Music and Society in Sohar, Sultanate of Oman ». Chroniques yéménites. Vol. 17. Voir http://cy.revues.org/1820
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