Centre de Recherche en Ethnomusicologie

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Les puits chantants d'Arabie orientale: la pratique du Zamat au Sultanat d'Oman - Séminaire du CREM lundi 12 juin, avec Maho Sebiane

Les puits chantants d'Arabie orientale: la pratique du Zamat au Sultanat d'Oman

Séminaire du CREM avec Maho Sebiane

Lundi 12 juin de 14h à 16h à la MAE (Université Paris Nanterre), salle 308

 

Dans la plaine côtière semi-désertique du nord du Sultanat d’Oman, l’apport en eau douce dépend essentiellement des ressources aquifères superficielles. Pour l’activité agricole, ce précieux liquide était extrait mécaniquement à partir de puits creusés au sein des palmeraies et au moyen d’une charpente, haute de plusieurs mètres, à laquelle était fixée une poulie en bois. 
Depuis le milieu du XXe siècle, le puisage s’est motorisé, mais les anciennes structures en bois demeurent. Leur conservation de nos jours participe d’une pratique qualifiée de « musicale » nommée Zamat par ses adeptes. Ces derniers réalisent une mélodie en jouant sur le frottement de la poulie autour de son support en bois.
Organisés en deux camps opposés et respectant un code moral strict qui les unit, ces adeptes de tous âges et de toutes conditions se réunissent régulièrement de nuit dans les palmeraies pour se livrer à un affrontement symbolique en présence d’un public déchainé. Cette lutte dénommée al-Qatla [la tuerie] oppose deux équipes. À l’aube, après une nuit d’engagement musical et sonore intense, les vainqueurs auront démontré à tous leur grande maitrise à produire collectivement une mélodie parfaite et un son de poulie grave et fort. De leur côté, les vaincus résignés préparent déjà leur revanche pour la prochaine rencontre.
Cette intervention s’appuie sur un terrain d’enquête préliminaire effectué au cours de l’hiver 2017. Elle propose de présenter les premiers éléments de compréhension de cette pratique singulière et unique dans cette région de la péninsule Arabique.

 

 

L'histoire culturelle du cri : le langage des émotions et la technologie de la voix haute, par Ana Lidia Domínguez Ruiz, Séminaire du CREM du lundi 29 mai, MAE, 14h-16h

L'histoire culturelle du cri : le langage des émotions et la technologie de la voix haute

Séminaire du CREM, lundi 29 mai de 14h à 16h, à la MAE (Université Paris Nanterre), salle 308

Ana Lidia Domínguez Ruiz

 

PLANIDERAS tumba del caballero sancho saiz de carrillo
PLANIDERAS tumba del caballero sancho saiz de carrillo

PLANIDERAS tumba del caballero sancho saiz de carrillo

Le cri est la première émission vocale de l'être humain et l'unique expression possible pendant les premiers jours de vie, il émerge de l'incontinence des sensations telles que la douleur, la colère ou la faim ; dans la troisieme semaine apparaît le cri délibéré, par lequel l'enfant mobilise les personnes autour de lui pour satisfaire ses besoins. Le cri réactif et le cri intentionel sont les deux lignes de recherche de ce travail documentaire conduit à la manière d'une histoire culturelle, dont l'objectif est d'analyser la diversité des pratiques du cri de l'être humain et pas seulement de l'enfant, en se fondant sur les perspectives énérgetique et technologique de la voix haute. D'une part, le cri est étroitement lié au langage des émotions et appartient au domaine des facultés sensibles dans la mesure où un geste sonore est parfois plus efficace que n'importe quel mot pour s'exprimer. D'autre part, cette recherche propose de concevoir le cri comme une technologie, c'est-à-dire qu'il implique un savoir-faire précis qui combine la connaissance du système phonateur et les techniques vocales pour ajouter de la puissance à la voix, le principe physique de propagation des ondes, les qualités acoustiques de l'espace et la création de codes sonores pour satisfaire de nombreux besoins. La vocation de ce travail est de mettre en évidence la complexité de l'expérience humaine, le rôle de la vie affective dans le contrôle des énergies sociales et l'inventivité de l'être humain pour diversifier une ressource apparemment insignifiante.

 

Ana Lidia Domínguez Ruiz est enseignante-chercheuse à l'Universidad Pedagógica Nacional de México et chercheur accueillie au CREM.

Circulation et recomposition des répertoires dans la musique classique de l'Inde du Nord : l'exemple du chant khyāl - Séminaire du CREM du lundi 15 mai, avec Ingrid Le Gargasson,

Circulation et recomposition des répertoires dans la musique classique de l'Inde du Nord : l'exemple du chant khyāl

Ingrid Le Gargasson

Séminaire du CREM du lundi 15 mai, de 14h à 16h, à la MAE (Université Paris Ouest Nanterre)

 

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Le khyāl est actuellement le principal genre de la musique vocale hindoustanie ou « musique classique » de l’Inde du Nord. Cette forme poético-musicale, apparue au tournant du 17e siècle, s’est développée aux 18e et 19e siècles et a continué à se transformer tout au long du 20e siècle. Même si des collections de chants existent sous format manuscrit, lithographié et, depuis la deuxième moitié du 19e siècle, sous forme imprimée, la tradition orale reste le lieu privilégié de leur transmission. Certains chants sont oubliés quand d’autres perdurent ou sont réintégrés. La plupart des chanteurs composent et insèrent, par ailleurs, leurs créations dans leur répertoire de scène, allant même jusqu’à les publier et les enregistrer.   

Après avoir détaillé certains aspects du genre khyāl et notamment la « mise en performance » du poème, je propose de considérer la manière dont les répertoires se recomposent d’une génération à l’autre, à partir d’une enquête ethnographique réalisée auprès d’une lignée de chanteurs basée à Delhi, dans le cadre de mes recherches doctorales. En abordant la question de la circulation et de la réappropriation des répertoires, je montrerai les liens ténus existant entre transmission orale et transmission écrite dans le contexte étudié. Nous verrons, enfin, comment l’artiste hindoustani ordonne, sélectionne et ajuste les connaissances héritées de ses maître pour les adapter à la scène musicale actuelle.


Ingrid Le Gargasson est docteure en anthropologie sociale et historique (EHESS) associée au CREM, et membre co-fondatrice de l’association Kalasetu qui promeut les arts de la scène sud asiatiques en Inde et en France.

"Observer la danse. Regarder le corps en mouvement", Séminaire spécial du CREM coordonné par Laura Fléy, lundi 24 avril, de 14h à 17h30, MAE

Séminaire spécial du CREM, lundi 24 avril de 14h à 17h30

Université Paris Nanterre / MAE / salle 308

 

Observer la danse. Regarder le corps en mouvement

Coordonné par Laura Fléty

 

Image danse
Image danse

Image danse

Toute danse nous amène à réfléchir sur la manière dont les groupes sociaux produisent des nouvelles formes de savoir provoquant, tant chez les danseurs que chez les spectateurs, des expériences et des émotions transformatrices. Qu’il soit exécuté de manière individuelle ou collective, le mouvement dansé relève d’un apprentissage, de choix esthétiques et de compétences complexes : techniques du corps, construction d’une motricité spécifique, rapport à l’espace, au temps et à la gravité. En outre, à travers cette conception dynamique, la danse est envisagée comme une expérience qui impulse d’autres types d’actions, musicales, rituelles, sociales ou religieuses. Se pose alors la question de la construction du regard du chercheur sur le mouvement. Comment décrire les gestes ? Comment saisir la nature des expériences kinesthésiques présentes ou passées ? Comment appréhender les qualités du mouvement et leur pouvoir performatif sur le monde social ? 

 

Programme

14H -14H45

Laura Fléty (LESC/Fondation Fyssen/Museu Nacional)

« La (dé)construction d’un espace de danse collectif. Un dispositif en tension chez les danseuses de Morenada (Bolivie) »

 

14H45-15H30

Elena Bertuzzi (LESC/IMAF)

« La cinétographie Laban au service de l’ethnologie de la danse. Exemples autour du Debaa de Mayotte »

 

15H30-15H45 : Pause café

 

15H45- 16H30

Lydia Zeghmar (LESC)

« Entrer dans la danse : de l'attitude scénique à la transformation. Etude de la promenade du soliste zeybek (Turquie) »

 

16H30-17H30

Conclusion par Jean Michel Beaudet et discussion générale

La cantillation du Coran : une forme esthétique sous le signe impérieux du sacré - Séminaire du CREM lundi 27 mars, avec Anis Fariji

La cantillation du Coran : une forme esthétique sous le signe impérieux du sacré

Anis Fariji

Séminaire du CREM du lundi 27 mars, de 14h à 16h à la MAE, Université Paris Ouest Nanterre

 

Recitation hizb Casablanca
Recitation hizb Casablanca

Recitation hizb Casablanca

La cantillation du Coran représente une forme vocale singulière dans les cultures de l’islam. Sa singularité réside dans le fait que la dimension sacrée qui la définit essentiellement, s’imprime dans sa propre structure. D’un côté, le Texte sacré exige que son être sonore soit immédiatement distingué de toute parole prosaïque, profane ; sa déclamation délimite alors son propre espace, en le ritualisant, de même qu’elle se dote d’une apparence esthétique immanente qui ainsi  l’ « enchante ». Mais d’un autre côté, cette même dimension sacrée du Texte oblige à ce que sa déclamation soit la plus transparente, qu’elle ne souffre d’aucune corruption sonore, ni que son revêtement esthétique n’obstrue son aperception. Cela expliquerait, par ailleurs, toute la controverse doctrinale que la cantillation du Coran n’a cessé de susciter, notamment en ce qui concerne la limite entre le religieux et le « musical ».
       Cette intervention tentera d’examiner dans quelle mesure la dimension sacrée de la récitation du Coran, telle qu’elle apparaît dans son ambivalence, détermine sa forme aussi bien vocale que rituelle. J’en présenterai deux types (très) différents : la récitation collective dite du ḥizb, que j’ai observée dans les mosquées au Maroc, et la récitation hautement mélodisée dite muǧawwad, d’après un enregistrement du récitant égyptien Mohamed Helbawy (1946-2013).


Anis Fariji est docteur en musicologie et chargé de cours à l’Université Paris 8. 

Paris chaâbi : Mémoire et identité dans la diaspora algérienne - Séminaire du CREM du lundi 6 mars, avec Christopher Orr

Paris chaâbi : Mémoire et identité dans la diaspora algérienne

Christopher Orr

Séminaire du CREM - lundi 6 mars, de 14h à 16h à la MAE


 

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Cette intervention examinera la présence et l’impact du genre de musique populaire algérienne appelé chaâbi à Paris. À partir d’une enquête ethnographique, je montrerai comment la performance de cette musique en France crée et maintient une identité culturelle distincte qui est imprégnée de nostalgie et au même temps placée dans les réalités actuelles de la vie en diaspora. En utilisant les théories de la mémoire multidirectionnelle, du rituel et de la nostalgie, ma recherche explore la capacité des expériences performatives communales de construire et transmettre les notions de patrimoine commun, traversant ainsi les ruptures de l’espace et du temps.

 

Le chaâbi est apparu pendant la première moitié du XXe siècle, issu d’un mélange entre la poésie maghrébine melHûn et la musique arabo-andalouse. Entre la Première Guerre mondiale et l’indépendance de l’Algérie, les sons de cette musique ont résonné dans presque tous les cafés de la Casbah à Alger. A la fois accessible et innovant, et enraciné dans les traditions régionales, le chaâbi représentait la réalité en évolution en Algérie. Le chaâbi a été transformé par les influences culturelles étrangères, une crise d’identité sous l’action du gouvernement colonial, ainsi que des changements démographiques massifs qui ont donné lieu à la croissance des centres urbains. De plus, le développement de chaâbi a correspondu au pic de l’immigration algérienne en France pendant les années cinquante. Cette musique contient ainsi des évocations poignantes de la terre natale pour cette génération des immigrés, dans lesquelles une époque particulière est opposée de manière nostalgique aux années à l’étranger. Pour les générations suivantes, l'intérêt soutenu pour cette musique témoigne d'un désir répandu de se rapprocher d’un patrimoine culturel distinct, au sein d'une double subjectivité franco-algérienne.

 

Christopher Orr est doctorant en musicologie à la Florida State University, boursier de la bourse Chateaubriand de l’Ambassade de France aux États-Unis, et rattaché au CREM comme chercheur extérieur pour l’année 2016-2017.

Deux manifestes pour une samba moderne : reconfiguration de l’industrie musicale et stratégies d’innovation esthétique (samba-jazz et bossa nova, 1959-65) Séminaire du CREM du lundi 20 février, avec Vassili Rivron & Gabriel Improta

Deux manifestes pour une samba moderne : reconfiguration de l’industrie musicale et stratégies d’innovation esthétique (samba-jazz et bossa nova, 1959-65)

Séminaire du CREM du lundi 20 février, avec Vassili Rivron & Gabriel Improta

De 14h à 16h, MAE

 

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 L’"âge d’or de la radio" a joué un rôle central dans la consécration de la samba comme musique nationale et sa valorisation esthétique au Brésil. Le déclin de ce monde de l’art dans les années 1950 et la reconfiguration progressive de l’industrie musicale autour du disque et de la télévision a eu des effets directs sur les aspirations et les stratégies professionnelles et esthétiques des artistes. Afin de restituer cette recomposition de l’espace musical et d’analyser les dynamiques de création qu’elle a suscité, nous présenterons de façon comparée les trajectoires biographiques et deux oeuvres emblématiques de Tom Jobim et Moacir Santos. Ces artistes ont incarné, parmi d’autres, deux propositions concurrentes de modernisation de la samba  au succès inégal  : la bossa-nova et le samba-jazz.

À travers l’analyse d’un matériel diversifié (enregistrements, iconographie, témoignages, critiques, statistiques, ...) on se propose de mieux comprendre les injonctions à moderniser la samba qui sont liées à cette reconfiguration et d’analyser les stratégies de réinvestissement des traditions musicales et d’innovation effectuées par ces deux compositeurs aux propriétés sociales à la fois très comparables et diamétralement opposées. Ce matériel permet d'articuler l’analyse des trajectoires et des oeuvres proprement dites, à celle de la reconfiguration de l’espace de l’industrie musicale (nouveaux publics, acteurs, techniques et mécanismes de consécration), tout en prenant en compte les effets de médiation (critique musicale, analyse de supports), les mutations des pratiques et ressources de production (nouveaux micros, multi-pistes, format album/LP, illustration des couvertures), ainsi que l’invention corrélatives de nouvelles postures d’écoute musicale (hi-fi et stéréo).

 

Vassili Rivron est maître de conférences à l’Université de Caen en détachement à l'INRIA
Gabriel Improta est professor substituto à l'université de Rio de Janeiro, UNIRIO/UFRJ
 
Publications à lire : 
- Rivron, Vassili, “Le goût de ces choses bien à nous : la valorisation de la samba comme emblème national“ https://www.academia.edu/5748511/Le_goût_de_ces_choses_bien_à_nous_la_valorisation_de_la_samba_comme_emblème_national 
- Improta, Gabriel, “Gilroy’s Black Atlantic : Samba, Jazz and Sambajazz in Brazil and the Black Atlantic“ .https://africainwords.com/2013/04/28/samba-jazz-and-sambajazz-in-brazil-and-the-black-atlantic/

 

 

 

(Méta-)Communications musicales dans le rituel bwete. Ou comment le rapport à la variation informe sur les relations interethniques (Gabon) - Magali De Ruyter

Mogonji feminin
Mogonji feminin

Mogonji feminin
Séminaire du CREM du 30 janvier 2017

De 14h à 16h, salle 308, MAE - Nanterre 

(Méta-)Communications musicales dans le rituel bwete. Ou comment le rapport à la variation informe sur les relations interethniques (Gabon)

Magali De Ruyter (Post-doctorante au CREM)

Dans les monts du Chaillu au centre sud du Gabon, les Pygmées Babongo sont initiés aux rituels de leurs voisins Mitsogo et Masangu, rituels dont ils exécutent ensemble les cérémonies. M’inspirant des approches relationnelle de Gregory Bateson (1972) et Steven Feld (2005) ainsi que cognitive de Dan Sperber (1996) sur la communication, je souhaite montrer que (1) différentes manières de communiquer la musique peuvent être dégagées au sein du rituel bwete d’initiation masculine, (2) ces communications musicales sont directement liées à ce que je nomme des « régimes de plasticité du changement musical », et (3) ces différents régimes méta-communiquent sur la relation Pygmées/non-Pygmées. Je m’attarderai sur la circulation de ce qu'il convient de nommer des « chants pérégrins », pour aborder succinctement les questions relatives à la création, l'interprétation et l’autorité musicales.

Cette intervention s’appuie sur mon travail de thèse, soutenu à Nanterre au mois de janvier 2016. Deux autres des apports de ma thèse – (1) la proposition d’une expression analytique, le « pays babongo », soulignant en termes géographiques le rôle central des Babongo dans la reproduction d’une société pluriethnique malgré leur statut de cadets sociaux ; (2) la démonstration de l’absence de formules tambourinées distinctives des répertoires musicaux, formules largement répandues ailleurs en Afrique centrale (voir les travaux de Simha Arom et de son équipe) - viendront éclairer chacun à leur manière l’analyse de la communication musicale.

Journée d'étude "Rencontre autour de Pan-e-pedia. Un observatoire organologique multi-média d’un instrument trans-national", lundi 5 décembre de 10h à 16h

Journée d'étude du CREM - lundi 5 décembre de 10h à 16h

Université Paris Ouest Nanterre

10h-12h : Bâtiment Max Weber, salle de séminaire n°2 , RDC

14h-16h : MAE 

 

Rencontre autour de Pan-e-pedia

Un observatoire organologique multi-média d’un instrument trans-national

 
 Conçu à la fois comme une plateforme d’archivage, de consultation et comme un outil d’analyse au service d’un projet de recherche sur une évolution organologique, Pan-e-pedia cherche à rendre compte de l’étonnante diversité d’une jeune famille d’instrument : les steelpans. Ces idiophones mélodiques fabriqués à partir de vieux bidons de pétrole et joués dans des orchestres appelés “steelbands”, ont été inventés dans les années 1930-40 à Trinidad & Tobago. Ils ont ont par la suite conquis de nombreux pays de tous les continents, et sont en constante évolution.
 
city sun valley single bass notes 1
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L’élaboration de cet outil collaboratif a reçu une subvention de recherche de la fondation Fyssen (2016), ainsi que l’aide multimedia de la Société Française d’Ethnomusicologie (2015). Ce projet était corrélé à l’émergence d’un réseau international de chercheurs sur le pan, désireux de collaborer à cet outil et d’enrichir la base. Invités à la présentation de Panepedia dans le cadre du projet Fyssen, le CREM profite de leur présence pour donner la parole à ces spécialistes des steelbands venus du Royaume-Uni, du Japon et des États-Unis.
Les présentations seront en anglais.
 
 

Séminaire du CREM - lundi 21 novembre à 14h : L'apport des ethnomusicologues à l'exposition temporaire "Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt" présentée au MEG, par Madeleine Leclair, Bernd Brabec de Mori & Matthias Lewy

Séminaire du CREM - lundi 21 novembre à 14h à la MAE

L'apport des ethnomusicologues à l'exposition temporaire "Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt" présentée au Musée Ethnographique de Genève

Madeleine Leclair, Bernd Brabec de Mori & Matthias Lewy

 

Photo Leclair
Photo Leclair

Photo Leclair

La prise en compte de la musique et du son dans l'exposition temporaire Amazonie a été l'une des préoccupations majeures de l'équipe qui a oeuvré à sa réalisation. Ainsi, cette exposition propose au public différentes réalisations qui mettent en valeur l'importance du son/musique du point de vue amérindien. Une vitrine et un programme multimédia sont dédiés aux instruments à vent, typologie organologique prédominante dans cette région de l'Amérique du Sud. Une installation sonore immersive, les Contes sonores, met l'accent sur l'importance de la perception auditive en Amazonie, Et enfin, un CD publié dans la collection MEG-AIMP/VDE-Gallo propose un version stéréo des Contes sonores, augmentée des narrations qui ont servi de trame à la réalisation de cette installation.

Madeleine Leclair est conservatrice au MEG et responsable du département d'ethnomusicologie et des AIMP, Bernd Brabec de Mori est Senior Scientist à l'Institut d'Ethnomusicologie de l'Université de Musique et des Arts de la performance à Graz (Autriche), et Matthias Lewy est post-doctorant et professeur assistant au Département de Musique de l'Université de Brasilia. Les trois intervenants impliqués dans ce projet de muséographie sonore viendront présenter ces différentes réalisations et les enjeux qu'ils représentent. 

 

Photo : Aurélien Fontanet, 2013. 

Légende : Mélomane kayapo-xikrin. Brésil, Pará, Rio Cateté. 

Séminaire du CREM - lundi 7 novembre : La circulation du rubâb afghan, du Pachtounistan à l’Occident, Sylvain Roy

Séminaire du CREM du lundi 7 novembre, de 14h à 16h, à la MAE

La circulation du rubâb afghan, du Pachtounistan à l’Occident 

Sylvain Roy, doctorant au CREM

 

Sylvain Roy
Sylvain Roy

Sylvain Roy

   Quand on parle d’Afghanistan, les premières images qui nous viennent à l’esprit sont celles d’un pays déchiré par des décennies de guerres. D’ailleurs, lorsque l’on se penche sur son histoire, on constate en effet qu’il a été de tout temps convoité par les royaumes voisins, et au-delà. De ces rencontres, qui n’ont pas toujours été guerrières, est né un patrimoine culturel unique. Le rubâb afghan, s’inscrit dans cet héritage. Sa morphologie s’inspire des luths du Gandhara, les cordes sympathiques qui caractérisent son timbre, viendraient de l’Inde, tout comme le répertoire qui lui a donné ses lettres de noblesse. L’origine de ce luth ne nous est pas parvenue, l’instrument a fait une apparition spontanée au nord de l’Hindoustan dans le courant du xviiie siècle. Sa diffusion semble, dans un premier temps, avoir suivi le déplacement de la population pachtoune. Aujourd’hui, la notoriété du rubâb afghan a dépassé les frontières de l’Asie Centrale, et c’est au travers des réseaux sociaux qu’il a poursuivi son parcours jusqu’en Occident.

   Pour comprendre cet instrument, il nous faut en connaître son organologie. Cela passe par une étude de son architecture interne et celles des luths antiques et des rubâbs médiévaux. Avec l’aide d’un logiciel de modélisation, il en ressort que tous ces instruments s’inscrivent dans sept principales typologies. L’étude philologique et historique nous informe sur la période de son apparition, tout en nous offrant des scénarii sur son origine. L’étude d’instruments anciens nous renseigne sur sa configuration à des périodes données : de sa taille générale, au nombre de cordes et leur agencement. Ces informations nous renseignent entre autres sur le jeu de l’instrument. En étudiant sa pratique, dans les pays où il s’est diffusé, on constate qu’il a subi des transformations, parfois importantes, des modifications quelques fois nécessaires pour interpréter de nouveaux répertoires. Aussi étrangement que cela puisse paraître, ce phénomène s’est même opéré en Afghanistan, sous l’influence de la musique hindoustanie. Cette étude monographique explore l’instrument au travers de trois angles intimement liés que sont l’organologique, le musicologique et l’anthropologique.

Danse, affect et créativité au « Nouveau Rwanda » : Réflexions sur l’impact culturel d’une idéologie post-génocidaire

Séminaire Carine Plancke
Séminaire Carine Plancke

Séminaire Carine Plancke
Séminaire de 14h à 16h salle 308 à la MAE avec Carine Plancke (Université de Roehampton/Laboratoire d’anthropologie sociale)

Au Rwanda, les danses dites traditionnelles sont actuellement l’objet d’une forte revitalisation, qui se manifeste en zones urbaines par le foisonnement de troupes de jeunes danseurs. Cette revivification participe du dynamisme que connaît ce pays porté par un élan de reconstruction suite à la tragédie génocidaire de 1994 et par la volonté de créer une nouvelle nation unifiée qui s’ouvre à la « modernité » et au développement socio-économique. Dans cette présentation, j’explorerai le répertoire et les dynamiques des performances de danses rwandaises actuelles en tant qu’elles donnent corps à une nouvelle identité nationale et je soulèverai les différences entre les pratiques et les visions des danseurs de troupes de jeunes et de ceux formés dans la période pré-génocidaire. A cet égard, je distinguerai deux visions divergentes sur la créativité, rencontrées parmi ces deux catégories de danseurs : une vision sur la créativité comme innovation et comme la réalisation de nouvelles formes pré-conçues, d’une part, et une perspective qui privilégie l’improvisation comme processus créatif, d’autre part. En ce qui concerne la puissance affective des danses, je montrerai comment les performances actuelles génèrent de l’affect comme intensité, une capture immédiate du spectateur par le flux de formes dansées spectaculaires, qui neutralise les liens avec l’histoire subjective des danseurs et efface l’enracinement socioculturel des danses.

Carine Plancke est docteure en ethnologie et anthropologie sociale et chercheure affiliée au Laboratoire d’anthropologie sociale à Paris. Elle a soutenu une thèse, en 2010, portant sur les dynamiques affectives et créatrices dans les pratiques chantées et dansées de communautés punu au Congo-Brazzaville. En 2014, une monographie intitulée « Flux, rencontres et émergences affectives » a paru, sur base de ce travail, aux Presses Universitaires du Mirail. Actuellement, soutenue par des bourses Fernand Braudel et Marie Curie, elle poursuit ses recherches en anthropologie de la danse au Centre for Dance Research à l’université de Roehampton au Royaume-Uni où elle étudie les transformations des performances dansées au Rwanda dans le contexte post-génocidaire de construction d’une nouvelle identité nationale.

Musique et politique : Zebda un outil musical au service d’une fabrique de citoyenneté

Couverture d’un album de Zebda
Couverture d’un album de Zebda

Couverture d’un album de Zebda
Séminaire avec Armelle Gaulier de 14h à 16h salle 308 à la MAE.

Le groupe de rock alternatif Zebda est né d’une aventure associative pendant les années 1980 à Toulouse. Composé de français issus de l'immigration maghrébine postcoloniale et des immigrations espagnoles et italiennes du début du XXème siècle en région Midi-Pyrénées, Zebda connaît un certain succès en France pendant les années 1990. Après une pause de plusieurs années (entre 2003 et 2008), ils publient un nouvel album en 2012. Contrairement à ce que certains médias sous-entendent, Zebda se revendique comme un groupe de rock français, les membres se définissent d’ailleurs tous comme français, voire même plus que français car Toulousains. En revenant sur l'histoire de la création du groupe, liée notamment au mouvement des marches pour l’égalité des années 1980 et en m’appuyant sur l’analyse de plusieurs chansons, je chercherai à caractériser l’outil musical Zebda. En effet, la musique du groupe est à comprendre comme un fait socio-musical total qui permet de comprendre des schèmes de représentations sociales et de configurations identitaires remis en cause par le groupe. Si la musique composée par Zebda n’est pas en soi « politique », je la perçois comme une matière sonore (associant du non verbale, des paroles et des situations de performances) à analyser pour révéler les ambivalences, les ambiguïtés et les doubles sens, inhérents aux représenations sociales du pouvoir. Ainsi, j’adopterai la problématique de recherche suivante : en quoi la musique du groupe Zebda permet-elle de questionner les fondements de la société française, son processus de citoyenneté comme son vivre ensemble ?

Armelle Gaulier est docteure en science politique et chercheure associée au laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM) de l’université de Bordeaux. Après un Master “Musicologie, création, musique et société” de l’université Paris 8 consacré aux fêtes carnavalesques du Cap (Afrique du sud), elle a soutenu une thèse de science politique, en 2014, portant sur les processus de citoyenneté auprès des populations issues de l’immigration maghrébine postcoloniale, en prenant comme cas d’étude le groupe de musique Zebda. Ses recherches portent sur les pratiques musicales et les expériences de citoyenneté, la question de l’exil et des diasporas.

Page personnelle : https://sciencespobordeaux.academia.edu/ArmelleGaulier

Description, Indexation, Accès aux Documents Sonores Ethnomusicologiques : Une nouvelle forme d'inter-disciplinarité ? Bilan de l'ANR DIADEMS (2013-2016)

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Séminaire de 14h à 16h à la MAE.

Exceptionnellement, le séminaire se tiendra en Salle de cours 1, au Rez-de-jardin de la MAE.

Le projet ANR DIADEMS (2014-2016), en partenariat entre le LESC, le MNHN, le LAM ainsi que plusieurs laboratoires de traitement du signal et d'informatique (IRIT, LABRI,LIMSI), arrive à échéance, et il est temps d'en tirer un premier bilan. Ce projet apporte des outils d'indexation des contenus audio qui vont faciliter le traitement semi-automatique des archives sonores : détection de zones de parole et de musique, reconnaissance de locuteurs, identification de segments, identification de types musicaux (musique instrumentale, voix a cappella, voix et instruments, types d'instrument), recherche de similarités (mélodique, rythmique, de timbre), délimitation des zones intermédiaires (discours rituels, psalmodies, parlé-chanté). Cette collaboration avec des informaticiens,  acousticiens ainsi que des ethnolinguistes s'est accompagnée d'une réflexion sur les classifications et les terminologies de descriptions, notamment des types d'exécutions vocales, et d'autre part d'une visualisation des résultats d'analyses, d'une réflexion sur les usages et l'ergonomie de la plateforme Telemeta du CREM, ainsi que la modélisation et la représentation des formes musicales. À cette occasion, elle a donné lieu à une confrontation fructueuse entre l'approche purement analytique du son et sa conception culturelle.

Interventions

  • "Les nouveaux outils d'analyse pour les archives en ligne, ethnomusicologie et ethnolinguistique" (Joséphine Simonnot et Maxime Le Coz
  • "Acoustique musicale et ethnomusicologie : l'exemple des catégories vocales intermédiaires". ( Susanne Furniss + Lionel Feugère)
  • "Des outils pour l'analyse de la prosodie des discours rituels ?" (Valentina Vapnarsky, Cédric Becquey)
  • "Du terrain aux archives sonores et retour : usages avérés et usages potentiels pour les ethnomusicologues" (Jean Lambert)

The Power of Tao People’s Mianoanood: Songs, Taboos and the Life of the Tao

Seminaire LIN Wei Ya
Seminaire LIN Wei Ya

Seminaire LIN Wei Ya
Séminaire avec Lin Wei-Ya (postdoc, université de Vienne) de 14h à 16h salle 308 à la MAE.

Tao (chi. 達悟 or Yami 雅美) is one of the sixteen recognized indigenous ethnic groups in Taiwan. Their language belongs to the Austronesian language group and is orally transmitted. The traditional music of the Tao consists primarily of songs. There is no word in the Tao language that can be translated as ‘music’. They use the term mianoanood, which means ‘singing songs’. Through traditional singing practices, the Tao transmit their history, their views of life, and they learn to follow the taboos. Since the 1960s, there have been many policies undertaken by the government, which aim to support the “development” and “modernization” of ethnic minority qcommunities in Taiwan. In 1980, an “intermediate deposit” for “weak” radioactive waste was established on the island, with many scams and close cooperation of the Taiwan Power Company and the government. This presentation is based on my PhD research project – The Music in the Life of the Tao: Tradition and Innovation.

Wei-Ya LIN was born in Taipei, Taiwan. She is currently employed as a research fellow in the project Bi-Musicality at the Institute of Folk Music Research and Ethnomusicology at the University of Music and Performing Arts Vienna. Furthermore, she is working for the project Music without Borders at the Franz Schubert Institute, and as an adjunct lecturer at the Institute of Composition and Electro-Acoustics. In 2006 she completed her M.A. in viola performance with distinction, in 2007 the postgraduate curriculum in chamber music, and she studied composition from 2005 to 2007. In 2015 she received her PhD in Ethnomusicology from the same university for the thesis Music in the Life of the Tao (Taiwanese indigenous ethnic group): Tradition and Innovation, graduation with distiction.

40 ans, 4 continents: réflexions sur l'anthropologie du son et l'acoustémologie

Séminaire avec Steven Feld de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Coordonné par R. Martinez et C. Guillebaud (CREM) et M. Solomos (Musidanse).

01 Feld Steven
01 Feld Steven

01 Feld Steven
Dans le cadre du séminaire international « Espace-son. Approche interdisciplinaire des milieux sonores » (Université Paris 8, Université Paris Ouest la Défense), avec le soutien de l'Université Paris-Lumières.

Résumé (nb: la communication se tiendra en français)

In the 1970s I proposed "the anthropology of sound" as a corrective the limitations of the Merriam and Blacking paradigms for musical anthropology. Over the next twenty years, with field research in Papua New Guinea, this anthropology of sound approach demonstrated new approaches to the anthropology of voice, to ecological and aesthetic co-evolution, to sonic relations across species, and to sonic mediatization and circulation. Since the 1990s I have expanded these concerns through the concept of acoustemology, from acoustics + epistemology, meaning sound as a way of knowing. I have also expanded the terrain of research beyond the tropical rainforest to both rural and urban settings in Europe, Japan, and Ghana, as well as to recording studios and global music circulations, including cyberspace. In this talk I will reflect on some key propositions from this work.

De la conception à l’exécution musicale : une approche expérimentale de l’étude de l’interprétation musicale

Séminaire avec Séminaire de Fabrice Marandola (Université McGill de Montréal), de 14h à 16h salle 308 à la MAE.

 

Eye tracker Mansoh Bedzan 2015
Eye tracker Mansoh Bedzan 2015

Eye tracker Mansoh Bedzan 2015
De quelle manière les musiciens conçoivent-ils la musique qu’ils interprètent, et comment parviennent-ils à les exécuter ? Tel est le thème central des recherches que je mène depuis une vingtaine d’années, tant dans les musiques de tradition orale du Cameroun que dans ma pratique de pédagogue et d’interprète de la musique occidentale pour percussion. La conception dont il s’agit ici fait référence, d’une part, à des éléments structurants (l’échelle musicale, l’organisation du temps), et d’autre part aux références mentales qui permettent l’exécution instrumentale (représentation mentale de l’espace, moyen mnémotechniques).

Je décrirai les méthodes utilisées, qui font appel à une approche expérimentale et impliquent souvent le recours à de nouvelles technologies, en prenant pour exemple des recherches sur les échelles musicales au Cameroun, ainsi que des travaux récents portant sur la percussion, au Cameroun mais aussi dans la percussion occidentale.

 

Fabrice Marandola est professeur de percussion et musique contemporaine à l’université McGill de Montréal (Canada), et membre du Centre Interdisciplinaire de Recherche en Musique, Média et Technologie dont il a été le Directeur adjoint/Recherche artistique de 2009 à 2014. Il est également ethnomusicologue, spécialiste des musiques du Cameroun, et a reçu un doctorat de Sorbonne-Paris IV en 2003.  Il détient actuellement une Chaire de Recherche Senior pour le projet GeAcMus (Geste-Acoustique-Musique) de Sorbonne Universités, en tant que Professeur invité au Muséum National d’Histoire Naturelle.

L'Hellénisme comme outil analytique de domination occidentale (en musicologie)

Seminaire Beyhom
Seminaire Beyhom

Seminaire Beyhom
Séminaire avec Amine Beyhom, de 14h à 16h salle 308 à la MAE.

À l’orée du xixe siècle, la musicologie occidentale impose une vision totalitaire de l’héritage de la Grèce ancienne, centrée sur les aspects de cette culture compatibles avec les caractéristiques de la musique tonale. L’hégémonie du pythagorisme et autres zarlinismes qui s’établit dès lors en analyse musicale a créé un dogme musicologique basé sur la supériorité axiomatique du diatonisme (dans le sens, justement, restrictif et occidental du terme) et sur une évolution chronologique des musiques du monde rendant l’Europe héritière exclusive de la Culture antique.

L’attitude légitimiste hellénistique, doublée de l’outil analytique pythagoricien, a permis deux approches a priori contradictoires dans l’orientalisme musicologique des deux derniers siècles : un courant assimilationniste particulièrement perceptible dans les relations avec le chant byzantin, et un courant exclusif (quasi-)omniprésent dans les relations avec les musiques du maqām. Les deux courants se rejoignent, souvent avec succès, dans la nécessité de nier la légitimité des caractéristiques « orientales » (non tonales) de ces musiques. Plus généralement, il est aujourd’hui possible de poser que l’Hellénisme a été un instrument de construction d’une identité européenne imaginaire, et est très rapidement devenu le fer de lance d’un orientalisme réducteur, toujours non remis en cause en musicologie.

L’exposé préliminaire sera accompagné (et pourra être suivi) d’exemples sonores et d’analyses animées Power Point. Une bibliographie est disponible en cliquant sur ce lien.

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Geste et musique électronique : une approche organologique située

Seminaire Bacot
Seminaire Bacot

Seminaire Bacot
Séminaire avec Baptiste Bacot (EHESS), de 14h à 16h salle 308 à la MAE.

Partant du constat selon lequel le devenir électrique puis informatique des instruments de musique constitue une limite de l’organologie traditionnelle – ou du moins donne matière à discussion –, ce travail doctoral vise à combler cette lacune par l’étude située de la lutherie numérique dans des contextes musicaux variés (musiques savantes, performances audiovisuelles, musiques populaires), mais néanmoins tous électroniques. L’approche ethnographique permet en effet de circonscrire l’usage particulier de ces outils à différents moments du processus de création : conceptualisation de l’œuvre, collaboration technique, réalisation artistique et représentation scénique. Puisqu’il serait vain d’appréhender ces interfaces selon le matériau employé ou le couple excitation - résonance comme c’est traditionnellement le cas dans l’organologie, c’est par l’analyse contextuelle du geste qu’on tirera une conception objective des instruments de musique électroniques. Ainsi le corps musical, dans sa dimension gestuelle, est-il à la fois un critère de classification instrumentale mais aussi un vecteur d’expressivité dans les musiques électroniques, trop souvent jugées, à tort, "désincarnées".

Baptiste Bacot

Après des études de philosophie puis un master en sciences sociales mention musique (2012), Baptiste Bacot est en contrat doctoral à l’EHESS (formation Musique, Histoire, Société) rattaché au CAMS et détaché dans l’équipe « Analyse des pratiques musicales » à l’IRCAM. Baptiste Bacot travaille sur le geste en musique électronique selon une approche organologique des nouveaux instruments de musique conjuguée à un travail d’ethnographie musicale. Il est également certifié de lettres modernes.

Remembering the Jewish Past through Popular Song in Contemporary Tunisia

Ruth Davis
Ruth Davis

Ruth Davis
Séminaire avec Ruth Davis (University Reader, Université de Cambridge), le 1er février 2016, de 14h à 16h salle 308 à la MAE.

Through the medium of popular song, my lecture explores different ways in which Tunisians have come to terms with the rupture caused by the mass exodus of Jews following independence. It focuses on the new kind of popular song (ughniyya) that was associated with the rise of commercial recording in the early twentieth century; traditional Islamic social taboos against public music making meant that, until World War Two, its practitioners were primarily Jews. Characterised by simple strophic structures, earthy, colloquial language, and the use of melodic modes and instruments from the wider Mediterranean and Levant, the early ughniyya provided the foundation for the future development of Tunisian popular song. In Jewish circles, the tunes were set to sacred Hebrew texts and sung in a variety of religious and celebratory contexts. With the rise of the nationalist movement, however, the cosmopolitan ughniyya was denigrated as decadent and corrupt and, following the mass exodus of the Jews, it disappeared from mainstream musical life. Yet the songs continued to be sung by Tunisian diasporic communities, providing a continuing link with the vibrant musical culture of the protectorate era.

Since the late 1980s, various Tunisian artists and intellectuals have attempted to revive and rehabilitate the popular songs of the protectorate era, considering them a vital component of Tunisia’s cultural heritage. While some acknowledge and celebrate their former Jewish associations, others ignore or actively erase them, presenting the songs as timeless, anonymous rural folklore. The songs continue to be performed in both Arabic and Hebrew versions at the annual pilgrimage to the ‘Ghriba’ synagogue on the island of Djerba, where Tunisian diasporic Jews reunite with Tunisian Jews and Muslims in a nostalgic celebration of their shared Jewish-Arab past.

Ruth F. Davis is Reader in Ethnomusicology and Fellow and Director of Studies in Music at Corpus Christi College, University of Cambridge. She has published and broadcast extensively on music of the Mediterranean, especially North Africa and the Levant, focusing in recent years on music and nationalism, cultural memory, intellectual history of ethnomusicology, and sacred and popular music of the modern Middle East. Her book Ma’luf: Reflections on the Arab Andalusian Music of Tunisia (Scarecrow Press, 2004) is the first substantial study in English on a national tradition of Arab-Andalusian music. More recently, her edition Robert Lachmann, The ‘Oriental Music’ Broadcasts, 1936-1937: A Musical Ethnography of Mandatory Palestine, with a 2-CD set of digitally restored recordings (A-R Editions, 2013), was awarded an Association of Recorded Sound Collections 2014 Award for Excellence, and her edited book Musical Exodus: Al-Andalus and its Jewish Diasporas was published by Rowman & Littlefield in 2015. She currently chairs the International Council for Traditional Music Study Group ‘Mediterranean Music Studies’.

 

 

L’« International Conference and Panorama » : de l’événement international à la fabrique d’une diplomatie des steelbands

Séminaire Aurélie Helmlinger 2016
Séminaire Aurélie Helmlinger 2016

Séminaire Aurélie Helmlinger 2016
Séminaire de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Avec Aurélie Helmlinger, chercheuse au CREM.

Parallèlement à la puissante politique de « nationalisme musical » (Turino 2003) qui a été suivie à Trinidad et Tobago depuis l’indépendance (Stuempfle 1995; Dudley 2008; Birth 2008), les steelbands ont connu une internationalisation spectaculaire : d’abord diffusés dans la diaspora, ces orchestres se sont en effet répandus dans le monde entier, sur tous les continents. À la fois infiniment fiers de ce succès « our gift to the music of the world » et inquiets de se voir usurper un trésor national, les responsables de Pan Trinbago (l’association trinidadienne des steelbands) ont à rendre des comptes politiques et souhaitent se montrer à l’initiative sur le plan international.

Un projet colossal et inédit a été lancé en 2015, année doublement électorale (pour cette association comme à l’échelle du pays) : l’ICP, International Conference and Panorama, s’est tenue du 4 au 9 août dernier, avec pour ambition d’associer une conférence scientifique internationale, une version planétaire du « Panorama », la compétition phare des steelbands, et la réunion constitutive de l’IFSA (International Federation of Steelband Association), que les organisateurs envisagent comme la future « FIFA du pan ».

On cherchera à présenter la genèse d’un événement complexe dans lequel les chercheurs ont été largement instrumentalisés, et à analyser l’événement en mettant en valeurs les tensions entre les différents individus ou groupements d’intérêts politiques. Comment est-on passé de la politique culturelle nationale à la création d’un événement d’une telle ampleur et d’une tel coût ? Comment s’articulent le local et l’international dans la politique et la musique ?

Journée anthropologie du geste musical et de la danse (2)

Journée d’étude de 14h à 17h salle 308 à la MAE. Coordonnée par Rosalia Martinez.

Comme la première, cette séance est consacrée à l’approche des pratiques chorégraphiques ou musicales des sociétés andines et des basses terres de l’Amérique à partir d’un  regard qui, de préférence, priorise l’expérience corporelle et interroge les techniques du corps. Il s’agira ainsi de mettre en lumière la manière dont le corps devient outil de connaissance et lieu où se construit l’entrecroisement entre vécu individuel et vécu collectif.

14h Jean-Michel Beaudet - CREM - UPO
15 h Pause café
15h 15  Rosalía Martínez - CREM - Paris 8
16 h 15 Débat final

corpsdanse beaudet
corpsdanse beaudet

corpsdanse beaudet
Que font- ils ?  Que disent-ils ? À partir d`une danse d´Amazonie (Guyane)
Jean-Michel Beaudet

Que font-ils ?  Que disent-ils ? "Ils", ce sont ici les poissons, les oiseaux et d'autres êtres de la forêt, mis en scène lors des danses wayãpi. Comment les paroles des chants, les sons des aérophones et les mouvements eux-mêmes agissent ensemble au sein du rituel dans la définition des relations interspécifiques ?

Danse des poissons paku, Haut Oyapock (Guyane) 2011 (Photo J-M Beaudet)

corps danse martinez
corps danse martinez

corps danse martinez
Corps en mouvement. Musique et danse dans les Andes
Rosalía Martínez

Comment les sociétés andines organisent-elles et découpent-elles ces catégories cognitives  que nous traduisons par « danse » et « musique » ? Quelles sont leurs articulations, le type d’expérience corporelle qu’elles mobilisent ? Pensées souvent par les ethnomusicologues comme des expressions autonomes, susceptibles d’être appréhendées séparément, danse et musique constituent dans la performance andine une entité expressive unique dont font partie, également, les costumes.
Corps profusément habillés, corps en mouvement, corps sonnants. Des exemples provenant des communautés indigènes de la Bolivie permettront, à la fois, de mettre en lumière des formes singulières d’organisation de l’expérience corporelle et sensible et de questionner les limites des outils dont les ethnomusicologues disposent pour les  comprendre.


Danse Ayarichi  (Tarabuco) Bolivie. (Photo R. Martínez)

L'art des manoeuvres de l'ethnomusicologue sur le terrain

Seminaire Dehoux
Seminaire Dehoux

Seminaire Dehoux
Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Vincent Dehoux, chercheur au CREM.

Ce séminaire envisagera ce qu'à mon avis, l'ethnomusicologue devrait entreprendre sur le terrain. Et si, j'utilise ici le terme de "manoeuvres", c'est que pour moi, il s'agit bien plus que de simples procédures. Au contraire, dans le cas présent, ces manoeuvres sont lourdes, chargées de sens et requièrent une attention, une imagination visant à les renouveler sans cesse. Nous verrons aussi en quoi, pour moi, la façon d'envisager telle ou telle musique ne dépend pas de son propre environnement (ce qui tendrait à dire qu'à chaque musique correspondrait une approche spécifique), mais est liée très largement au vécu de chaque individu, à ses convictions personnelles et en fin de compte à ses réactions "de but en blanc" sur le terrain. En définitive, la première réaction face à un monde sonore nouveau n'est pas de l'ordre de la pensée mais de celui de l'émotion.

Je décrirai ici mes procédures de prise de son sur le terrain et comment j'ai envisagé des musiques radicalement différentes (depuis de "simples" musiques instrumentales jusqu'à de grands rituels de classes d'âge) à partir d'une confrontation régulière à leurs enregistrements, et par quel biais je pouvais en rendre compte : les moyens utilisés pour donner une image 'lisible' d'une musique instrumentale ne sont pas les mêmes - on s'en doute - de ceux que l'on sera bien obligé de choisir pour un véritable théâtre musical, car, dans ce dernier cas, on devra également 'transcrire' des mouvements, des gestes des attitudes très fortement musicalisés. On dira ici, que la vidéo. peut très bien les traduire et qu'elle représente bien l'outil approprié, à ceci près que la représentation vidéo. dans ce qu'elle a de passagé, d'instantané pour le public, ne peut remplacer le support écrit : envisager une musique à partir de ce dernier type de support a le privilège de laisser place à une infinité de lectures possibles et donc d'analyses et de compréhensions personnelles. Ainsi me semble-t-il préférable de prendre appui sur les multiples expériences auxquelles ont donné lieu les musiques européennes depuis les années 1950, dans le domaine de ce que l'on considéra alors comme relevant d'un "théâtre musical". On verra bien là, comment noter aussi bien l'espace que le temps pour des manifestations où leurs auteurs se gardaient bien de toute improvisation inutile et en quelque sorte dévastatrice pour l'unité de l'oeuvre.

De sorte que la recherche de nouvelles technologies n'est pas pour moi d'une nature indispensable si tant est que l'on veuille donner place à la lecture, l'analyse et la compréhension à long terme d'un matériau sonore récolté sur le terrain : on n'est pas, en fait, à la merci de tel ou tel progrès technique dans ce domaine, car, en définitive, seule la connaissance préalable et approfondie du matériau à recueillir justifiera le choix d'une écriture capable d'en rendre compte et plus loin compréhensible et adaptée.

 Le séminaire sera accompagné d'exemples musicaux et d'analyses musicales.

Séminaire international "Espace-son" de l'Université Paris-Lumières, avec Jonathan Sterne

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Séminaire international 

Espace-son. Approche interdisciplinaire des milieux sonores

sous la direction de Christine Guillebaud, Rosalia Martinez, Makis Solomos

Musidanse (Université Paris 8), Crem (CNRS/Université Paris-Ouest), avec le soutien de l’Université Paris-Lumières 

 

Ce séminaire abordera divers milieux sonores artistiques et quotidiens sur la base d’analyses musicales, d’ethnographies et d’analyses acoustiques de sites (théâtres, salles de concert, lieux de culte, etc.) ou encore d’espaces publics extérieurs (marchés, places, quartiers etc.). Il s’occupera également de la perception et de la représentation culturelle de lieux naturels. Le projet vise à comprendre les processus communs à l’œuvre dans la production et la perception de ces espaces, d’un point de vue sensible ; ce qui amènera à s’intéresser en particulier aux modalités d’attention au sonore, aux représentations et discours s’y référant, et aux imaginaires associés. Il portera une attention particulière à la relation qu’établissent des musiciens et des artistes sonores aux milieux sonores quotidiens en vue de la création d’œuvres originales.

Renseignements : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Jeudi 19 novembre 2015, 18h-20h, Université Paris 8

(en partenariat avec la Philharmonie de Paris et le séminaire de Musidanse)

 

Jonathan Sterne, « Space Within Space: Artificial Reverb and the Plasticity of Echoes »

Répondant : Guillaume Loizillon

Université Paris 8, métro Saint-Denis Université, salle A010 

 

Jonathan Sterne est Professeur et titulaire de la chaire McGill de Culture et de technologie au département d’histoire de l’art et des études de communication à McGill University . Il est l’auteur de MP3: The Meaning of a Format (Duke 2012), The Audible Past: Cultural Origins of Sound Reproduction ( Duke, 2003, ouvrage qui vient d’être traduit en français : Une histoire de la modernité sonore , coédition La Découverte/Philharmonie de Paris) et de plusieurs articles sur les médias, les technologies et les politiques de la culture. Il est l’un des spécialistes les plus importants des sound studies , et a également édité The Sound Studies Reader (Routledge, 2012).

 

What does it mean to represent acoustic space acoustically? What can we learn about social space by starting with sound? This essay uses an analysis of the history of artificial reverberation to begin the project of a differential theory of sonic space. The paper provides a schematic account of how artificial reverb works aesthetically and technically, as well as a reverbless condition on which it depends, which I call “the detachable echo.” Through the connected aesthetic and technical histories of artificial reverberation, we will consider anew indexicality and realism in sonic representation, and the informationalization of physical space—epitomized today in augmented and mixed reality applications.                

Corps, musique et danse : sociétés andines et des basses terres de l’Amérique (1)

Journée d’étude de 14h à 17h salle 308 à la MAE. Coordonnée par Rosalia Martinez.

Cette séance et celle du 14 décembre seront consacrées à l’approche des pratiques chorégraphiques ou musicales des sociétés andines et des basses terres de l’Amérique à partir d’un regard qui, de préférence, priorise l’expérience corporelle et interroge les techniques du corps. Il s’agira ainsi de mettre en lumière la manière dont le corps devient outil de connaissance et lieu où se construit l’entrecroisement entre vécu individuel et vécu collectif.

14h Maria José Alfaro Freire : La danse du wititi : geste et corporification de la différence a la vallée du Colca, Peru 

(Chercheur du LACED – Laboratório de Pesquisa em Etnicidade, Cultura e Desenvolvimento – Universidade Federal do Rio de Janeiro UFRJ/ Postdoc CAPES - Ministère d'éducation - Brésil/ CREM - Université de Nanterre)

15 h Pause café

15h 15 Laura Fléty : La fabrique de l’opulence. L’expérience corporelle des danseurs de morenada (Bolivie) 

(ATER Paris 8)

16 h 15 Débat final

Danse 2015 DanseWititi
Danse 2015 DanseWititi

Danse 2015 DanseWititi
La danse du wititi : geste et corporification de la différence a la vallée du Colca, Pérou

Maria Jose Alfaro Freire

Ce travail présente une recherche en cours sur le wititi, une danse pratiquée à la vallée du Colca, dans les Andes péruviens, pendant les fêtes patronales de la zone. Dans le cadre d'importants mouvements migratoires depuis les années 1980, le wititi devient une “danse régional”, emblème d’une identité, diffusé parmi les peuples de la vallée et en dehors d’elle, dans les grandes villes d'Arequipa et Lima. Je me concentrerais sur les exécutions du wititi dans la vallée, spécifiquement sur ses gestes, mouvements et ses variations locales qui mettent en place des stratégies de différenciations sociales importantes - entre hommes et femmes, entre les villes, entre la partie haute et basse de la vallée. Cela nous permet de penser les corps, et les corps qui dansent, comme des dispositifs de productions de différences.

Danse2015 Fabrique opulence
Danse2015 Fabrique opulence

Danse2015 Fabrique opulence
La fabrique de l’opulence :
L’expérience corporelle des danseurs de morenada (Bolivie)

Laura Fléty

A partir de l’analyse des matériaux chorégraphiques et plastiques – gestes, costumes, ornements – d’une danse urbaine bolivienne appelée morenada, cette communication propose une réflexion sur l’élaboration collective et individuelle d’une esthétique de l’opulence. La danse met en scène des personnages appelés morenos (« ceux qui ont la peau foncée ») qui portent d’imposants costumes et des masques somptueux. Corps chargés, corps amplifiés, corps lourds : comment les danseurs de la ville de la Paz, pour la plupart artisans et commerçants issus des flux migratoires indigènes, mettent-ils au centre de leurs performances chorégraphiques une surcharge matérielle que le corps doit porter, et que seul un effort physique constant permet de surmonter ? Il s’agira de montrer la relation de cette expérience corporelle singulière, réitérée chaque année par les danseurs lors de la grande fête patronale de la ville, avec un ensemble de valeurs qui sous-tend leurs conceptions de la richesse et leurs pratiques dévotionnelles.

Un terrain d’ethnomusicologie au Burkina Faso entre musique et génies

Seminaire Devineau
Seminaire Devineau

Seminaire Devineau
Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Camille Devineau, doctorante du CREM.

Ce séminaire me donne l’opportunité de présenter mon travail de terrain de thèse qui s’est déroulé en pays bwaba au Burkina Faso de novembre 2014 à juillet 2015. Mon intérêt porte sur un rituel de masques nocturnes, les masques blancs, et sur le rôle que peuvent avoir dans son fonctionnement la musique, la danse et certaines qualités d’expression émotionnelle de joie. Ces masques appartiennent exclusivement à des griots et peuvent sortir pour de nombreuses occasions, les plus importantes étant liées soit à des deuils soit à une cérémonie que les bwaba appellent « renouvellement » qui semble célébrer les liens qu’ils entretiennent avec les génies. Si l’initiative de la mise place de ce rituel revient donc aux humains, il ne peut se tenir que conjointement avec les génies qui, d’après la mythologie, ont donné la musique et les instruments de musique mais aussi la danse aux humains.

J’ai consacré mes années de master à essayer, à partir des données dont je disposais alors, de comprendre les liens entre la mise en œuvre du rituel, principalement musicale et dansée, et la relation qu’y entretiennent les humains avec le monde de l’invisible et particulièrement les génies. C’est en me fondant sur ce premier travail que j’ai entrepris mon terrain de thèse. Durant cette séance, je me propose d’aborder l’évolution de ma réflexion au cours du séjour sur le terrain et d’évoquer les difficultés auxquelles j’ai été confrontée. J’espère que la discussion, les suggestions et conseils m’éclaireront sur la manière la plus judicieuse de mener mon travail à terme.

« Lignes de temps », un logiciel d'indexation vidéo pour l'ethnomusicologie ?

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Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Émeline Lechaux (MNHN). Organisé par Aude Julien Da Cruz Lima

Le traitement des matériaux de terrain audiovisuels nécessite des outils d'analyses ergonomiques et performants pour répondre aux besoins des chercheurs et des archivistes. Émeline Lechaux présentera un retour d'expérience sur le logiciel « Lignes de temps » (développé par l'IRI) pour l'analyse de documents audiovisuels dans le cadre de sa thèse portant sur la comparaison diachronique de cérémonies de bwétè chez les Mitsogo du Gabon (1966-2013). Utilisé principalement dans le cadre d’analyses cinématographiques, ce logiciel n’avait pas encore été expérimenté dans le domaine de l’ethnomusicologie. En quoi l’utilisation de « Lignes de temps » s’est-elle révélée pertinente et a-t-elle constitué un défi pour l’analyse du corpus de thèse composé de dix-neuf heures d'enregistrements ? Comment s’est opéré le transfert d’outil d’un champ d’utilisation à un autre ?

Émeline Lechaux montrera que les fonctionnalités de « Lignes de temps » répondent aux besoins de l’analyse diachronique de ce type de corpus : le premier est d’ordre quantitatif et lié à l’exploration des possibilités de navigation dans une masse de données, afin de se repérer dans le temps long du rituel ; le deuxième est d’ordre relationnel et concerne le lien entre les données et les métadonnées ; le troisième, enfin, est d’ordre comparatif, pour la mise en regard de différents points de vue sur des contenus identiques et la confrontation des données issues de différents enregistrements.

Emeline Lechaux est post-doctorante au sein de l'équipe Systématique et catégorisation culturelles du laboratoire Eco-Anthropologie et Ethnobiologie (CNRS-MNHN-Paris Diderot). Elle participe actuellement au projet ANR Diadems.

Ce séminaire s’inscrit parmi les activités du consortium Musica (Huma-Num/CNRS).

La jawfiyya : chants et danses cérémoniels des Druzes du sud de la Syrie.

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Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Waed Bou Hassoun, doctorante du CREM.

La jawfiyya : chants et danses cérémoniels des Druzes du sud de la Syrie. 

Chez les Druzes du sud de la Syrie, les mariages (al-afrâh) et les funérailles (al-atrâh) sont les deux grands rituels qui marquent la vie sociale et les deux circonstances principales qui sont célébrées par les chants et la poésie. La participation aux joies et aux malheurs des autres membres de la communauté est une obligation sociale. Mais il existe aussi des soirées dédiées à la poésie  qui sont organisées pour le plaisir de chanter et mettre en rivalité plusieurs poètes. 

 Les funérailles et les mariages ont en commun de se dérouler chacun dans trois espaces différents. J’examinerai comment chaque espace se distingue par des chants spécifiques et par le sexe des participants, et de quelle façon ils accompagnent et animent les processions entre les différents espaces. 

Le chant guerrier jawfiyya a la particularité d’être interprété à la fois pendant le mariage et pendant les funérailles d'un martyr. Accompagnant également la danse, ce chant guide la circulation des hommes dans l'espace public pendant ces cérémonies. J’étudierai les modalités d'interprétation de ce chant qui sont propres à chacun de ces deux contextes, ainsi que dans un troisième contexte, pour le plaisir, pendant les soirées des poètes pour rappeler le passé glorieux, évoquer les valeurs sociales partagées et exalter la fierté des participants.  

Transforming African Music Cycles in 12 Easy Steps

Seminaire Tenzer
Seminaire Tenzer

Seminaire Tenzer
Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Michael Tenzer, ethnomusicologue, Professeur à l’University of British Columbia.

This paper, an exercise in speculative music theory, studies two African cyclical structures of very different origins and hypothesizes deep structural connections between them. Rhythm and grouping, and the idea of directed compositional process—specifically, the process of transposition—are considered.  I depart from a hunch that the cycles, even with different numbers of pulsations or available pitch-classes, can be shown to be based on compelling principles of equivalence.

The analysis juxtaposes the Zimbabwean mbira dzavadzimu tradition’s Nhema Musasa (kushaura part only) and the recording of Hindehu from the Central African Republic (Arom 1998). The presentation moves step-by-step from one piece to the other, using transformations that leave the important structural features undisturbed. The process raises questions about musical ontology and the history of compositional practice.  As for the significance of the findings, they are critically considered in light of related previous research by Kubik 1988, England 1995, Brenner 1997, and Fernando 2009.  

Michael Tenzer is Professor of Music at the University of British Columbia in Vancouver. He has been active as performer, composer, and scholar. His book Gamelan Gong Kebyar: The Art of Twentieth Century Balinese Music (Chicago 2000) was the recipient of an ASCAP-Deems Taylor Award and the Society for Ethnomusicology’s Merriam Prize for book of the Year, and his two edited volumes on Analytical Studies in World Music (Oxford 2006, and 2011 [co-edited with John Roeder]) have helped revitalize the practice of analysis in ethnomusicology.

Son site internet: http://www.michaeltenzer.com

Musique liturgique de l’Eglise apostolique arménienne à Istanbul, positionnements et enjeux

Chantres, fév 2013, église Surp Krikor Lousavoritch, Istanbul
Chantres, fév 2013, église Surp Krikor Lousavoritch, Istanbul

Chantres, fév 2013, église Surp Krikor Lousavoritch, Istanbul
Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Anne Damon-Guillot, maître de conférences à l’université de Saint-Étienne.

La communauté arménienne internationale, partage, pour le plus grand nombre, une appartenance à l’Église apostolique arménienne, un sentiment religieux et une identité entretenus et construits par la musique, indissociable de la liturgie.

La musique religieuse arménienne à Istanbul est majoritairement représentée par la polyphonie accompagnée, largement pratiquée par la diaspora mondiale. Le chant liturgique monodique stambouliote alla turca apparaît comme une exception. Il s’agira d’interroger le positionnement de chacune des deux pratiques par rapport à l’autre, mais aussi, dans un souci de mise en perspective, de questionner les traditions et les regards d’autres centres liturgiques arméniens, tel Jérusalem ou des lieux de la diaspora occidentale. Les circulations – de personnes, d’ouvrages, de pratiques et de systèmes – révèlent des enjeux identitaires, qui semblent se cristalliser autour de la notion d’authenticité.

 

Anne Damon-Guillot

Maître de conférences dans le département de musicologie de l’université Jean Monnet de Saint-Etienne et membre du Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur l’Expression Contemporaine (E.A. 3068), Anne Damon-Guillot travaille sur la musique liturgique d’Églises chrétiennes orientales. Ses recherches sur le chant de l’Église chrétienne orthodoxe unifiée d’Éthiopie ont porté d’une part sur des pratiques contemporaines, à travers l’étude de la systématique de la réalisation chantée, gestuelle et instrumentale du texte liturgique. Ses travaux portent d’autre part sur l’époque moderne, s’intéressant aux stratégies sonores et musicales des jésuites et des franciscains en Éthiopie, ainsi qu’aux instruments du pouvoir dans le royaume chrétien. Elle étudie enfin la musique de l’Église apostolique arménienne à Istanbul et à Jérusalem, se concentrant sur la messe, considérée comme office « vitrine » et par là-même révélateur de ce qu’on laisse entendre de soi. Elle est l’auteure de plusieurs articles ainsi que d’un disque consacré à la liturgie chrétienne éthiopienne et a co-dirigé l’ouvrage Dire/chanter : passages ; Études musicologiques, ethnomusicologiques et poétiques (xxe et xxie siècles) paru aux Presses Universitaires de Saint-Etienne (2014). 

Diphoner entre la steppe et la ville : esquisse des enseignements du höömij en Mongolie

D. Daržaa montrant l’utilisation du bol comme résonateur dans l’apprentissage du höömij, septembre 2010, Čandman’, province de Hovd, Mongolie, © Johanni Curtet.
D. Daržaa montrant l’utilisation du bol comme résonateur dans l’apprentissage du höömij, septembre 2010, Čandman’, province de Hovd, Mongolie, © Johanni Curtet.

D. Daržaa montrant l’utilisation du bol comme résonateur dans l’apprentissage du höömij, septembre 2010, Čandman’, province de Hovd, Mongolie, © Johanni Curtet.
Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Johanni Curtet, ethnomusicologue, musicien, diphoneur, chercheur associé à l’EA 1279 Histoire et critique des arts de l’Université Rennes 2

Avant les années 1950, le höömij (chant diphonique) était peu connu en Mongolie et pratiqué par quelques individus dans les montagnes de l’Altaï. À travers la période soviétique (1924-1990), cette technique vocale s’est transformée pour devenir un art de scène, selon des canons esthétiques à la fois occidentaux et mongols soviétisés. Sous cette influence, la transmission en milieu rural est passée de l’imitation simple, sans exercices spécifiques, à la création et la multiplication d’enseignements personnalisés. Cette pratique a continué d’évoluer dans le postsoviétisme après 1990, en entrant dans l’enseignement académique universitaire en milieu urbain, tout en intégrant les influences culturelles d’une mondialisation croissante. Entre la steppe et la ville, les maîtres diphoneurs se positionnent et évoluent entre deux pôles : un village de l’Altaï perçu comme le lieu des origines du höömij, et une université d’Oulan-Bator, qui académise la tradition et diffuse son modèle au niveau national. Cette communication, fondée sur un travail développé dans ma thèse de doctorat, brossera une esquisse des enseignements du höömij en Mongolie de la période soviétique à nos jours.

Johanni Curtet

Chercheur associé à l’EA 1279 Histoire et critique des arts de l’Université Rennes 2, Johanni Curtet est docteur en musicologie, spécialiste du höömij (chant diphonique), de la musique traditionnelle mongole, des questions liées à la transmission, l’histoire et l’ethnomusicologie, au patrimoine culturel immatériel. Il a enseigné le chant diphonique pour différentes structures (Université Rennes 2, Cité de la musique, Théâtre de la Ville, Les Orientales, Les Suds à Arles, DROM, etc.) et a été vacataire à l’INALCO en langue, civilisation et culture mongoles en 2014. Directeur artistique de Routes Nomades, il organise des tournées et produit des disques de musique traditionnelle mongole depuis 2006. Au sein de cette structure, ou avec l’association Otasie, il est conseiller scientifique et artistique pour des projets internationaux (Semaine de la Mongolie à Paris, coproductions Théâtre de la Ville/France Musique, Festival international des musiques sacrées de Fès, etc.). Musicien guitariste et diphoneur, il accompagne son maître D. Cerendavaa et son fils Cogtgerel dans de nombreux théâtres et festivals. En 2010, il a participé à la réalisation du dossier de candidature du höömij mongol sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité à l’UNESCO.

Plus d’informations sur le site de la Société française d’ethnomusicologie: http://www.ethnomusicologie.fr/la-sfe/annuaire/userprofile/jcurtet

« Pan-e-Pedia », une base de données multimédia sur les steelpans de Trinidad et Tobago

Charlie Pinder installant un sixpan
Charlie Pinder installant un sixpan

Charlie Pinder installant un sixpan
Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Avec Aurélie Helmlinger, chercheuse au CREM.

Le séminaire présentera le projet « Pan-e-pedia », dont l’objectif est de constituer une base de données multimédia sur les configuration des steelpans à Trinidad et Tobago.

La répartition des notes (topologie) des pans est très originale, en raison notamment de contraintes acoustiques liées à sa facture : les notes sont en effet façonnées sur une même surface, et la frappe d’une note met en vibration, par sympathie, les notes adjacentes. Les notes jugées “dissonantes” (ex. secondes mineures et majeures) sont donc éloignées, tandis que celles jugées “consonantes” (octaves, quartes, quintes...), sont au contraire souvent placées côte à côte. Contrairement à beaucoup de topologies, les distances entre les notes ne sont donc pas proportionnelles aux intervalles musicaux, ce qui a d’importantes conséquences sur la cognition du musicien : elles forment en revanche des schémas originaux, en 2 à 3 dimensions. Malgré la généralité de ces contraintes, une grande variété de topologies ont été et sont toujours créées, et connaissent un succès variable.

Il importe de comprendre pourquoi et comment les topologies se diffusent ou non : avantages acoustiques, ergonomiques ou cognitifs, facteurs humains, voire politiques (des instruments ont été fabriqués sous l’impulsion personnelle du Premier Ministre). L’objectif de ce projet est donc de démêler les mécanismes qui gouvernent la diffusion des instruments, à l’échelle de Trinidad et Tobago d’abord, et potentiellement à l’échelle du monde puisque les steelbands ont maintenant été adoptés sur tous les continents.

Un travail de terrain a été effectué en 2011 par A. Helmlinger, permettant la collecte d’un grand nombre de topologies : 160 steelbands ont été visités sur un total d’environ 186 groupes en activité, auxquels s’ajoutent les données concernant les 185 steelbands du système scolaire, dont les choix topologiques sont standardisés. La suite du projet consiste à analyser, corréler et mettre à disposition ces matériaux sous forme d’une base de données multimédia en ligne. Celle-ci sera destinée aux chercheurs ethnomusicologues, mais aussi à la communauté croissante de joueurs et de facteurs de pan disséminés à travers le monde.

Dans ce séminaire, A. Helmlinger exposera les principaux enjeux théoriques et méthodologiques de cette démarche. L’exemple du double tenor pourra être développé afin de comprendre les raisons de son succés malgré l’irrégularité de sa topologie.

 

Autorité, autonomie et masculinité dans une danse de Turquie

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Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Coordonné par Clara Biermann

 Avec Nicolas Elias Docteur en ethnomusicologie - CREM-LESC / Post-doctorant au musée du quai Branly

 

Autorité, autonomie et masculinité dans une danse de Turquie

Dans certaines danses des montagnes pontiques (Turquie), un meneur dirige non seulement le développement de la danse mais également celui de la musique. C’est là un usage réservé aux hommes – l’une des démonstration possibles de virilité – mais également une pratique de moins en moins courante, rendue difficile par l’apparition de scène lors des fêtes. En suivant les traces de cette figure à la marge de la musique proprement dite, le propos sera de comprendre le jeu d’opposition structurale entre musicien et meneur, de poser la question du garant de l’évènement musical, et de revenir sur la notion de « musiquer » proposée par Gilbert Rouget.

Les esprits Sawahili du leiwah d’Arabie orientale, une parenté Est-africaine ?

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Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE.

Coordonné par Clara Biermann.

Maho Sebiane doctorant CREM-LESC Université Paris Ouest-Nanterre

Au cours de mes enquêtes de terrain sur la cérémonie de possession leiwah, menées de 2009 à 2012, notamment au Sultanat d’Oman, j’ai dû me rendre à l’évidence qu’il ne faisait aucun doute aux yeux des adeptes de ces cérémonies que les esprits qui s’y manifestent viennent d’un territoire africain d’au-delà des mers, le pays des « sawahili ». Toutefois, personne n’a été en mesure de me raconter leur l’histoire. Qui sont ces esprits sawahili ? D’où viennent-ils exactement ? Que signifie le leiwah pour ceux qui le pratiquent ?
Malgré, toutes ces interrogations posées par l’enquêteur, les multiples réponses des adeptes et des officiants n’éclaircissaient en rien le mystère. Le leiwah est ainsi sans que personne ne sache vraiment.
Comment parler alors d’une cérémonie que tous les adeptes et officiants considèrent comme d’origine « swahilie », dont l’histoire s’est cependant perdue ? Comment rapprocher ce culte de possession des matériaux recueillis par des historiens et anthropologues en Afrique de l’Est ?
À partir d’une étude comparative entre les composants de la cérémonie leiwah et ceux de cérémonies de possession étudiées en Tanzanie et Kenya, je propose de montrer au cours de cette intervention qu'il existe – effectivement – un lien de parenté entre le leiwah, observé au Sultanat d’Oman, et certains cultes de possession décrits en Afrique de l’Est.

Un temps, des musiques. Les fêtes de saints en Égypte.

Photo Severine
Photo Severine

Photo Severine
Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Coordonné par Clara Biermann.

Avec Séverine Gabry-Thienpont, Post-doctorante CREM, membre scientifique de l'IFAO.

Les fêtes de saints, mûlid-s, constituent en Égypte une des manifestations de piété populaire les plus ostentatoires et les plus fascinantes. Visibles et audibles de loin, ces mûlid-s, aussi bien en Haute qu’en Basse Égypte, relèvent de l’« expérience sociale et participative » – pour reprendre cette expression de V. Battesti. Et pourtant, en dépit des foules qu’ils rassemblent, nombre d’Égyptiens refusent de fréquenter de telles manifestations. Souvent considérées comme inconvenantes, voire immorales, ces festivités se confrontent en effet à de farouches détracteurs, pour qui l’aspect forain et mercantile se substitue beaucoup trop à la dévotion pourtant initiale qu’implique la fête anniversaire d’un saint, copte comme musulman. Les enjeux autour du son et des musiques ne s’en trouvent que décuplés. À partir d’enquêtes de terrain principalement menées de janvier à juin 2014, je propose dans cette intervention d’établir un état des lieux de l’ensemble des manifestations sonores et musicales à l’oeuvre dans ces mûlid-s, et de ce qu’elles impliquent. Cette étude ethnographique a été initiée dans le cadre d’un programme de recherche que je mène à l’IFAO (Le Caire) sur la dimension anthropologique du son lors des manifestations de piété populaire en Égypte, du 19e siècle à nos jours.

De Telemeta à DIADEMS (projet ANR) : Evolutions d'une plateforme pour la recherche en ethnomusicologie

 

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Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Coordonné par l'équipe Diadems du CREM (Jean Lambert, Joséphine SimonnotAude Julien Da Cruz Lima, Stéphanie Khoury, Estelle Amy de la Bretèque).

 

Premiers résultats du projet ANR DIADEMS.

 

En prenant appui sur la plateforme Telemeta d'archives sonores du CREM, le projet ANR DIADEMS (2013-2015) vise à la Description, l'Indexation, et l'Accès aux Documents Ethnomusicologiques et Sonores. Il est organisé en un partenariat entre le LESC, le MNHN, le LAM et plusieurs laboratoires de traitement du signal et d'informatique (IRITLABRI,LIMSI) spécialisés dans l'analyse du son. Ce projet vise à apporter des outils d'indexation des contenus audio (et éventuellement audio-visuels) qui pourront faciliter le traitement semi-automatique des archives, notamment la détection de zones de parole et de musique, la reconnaissance de locuteurs, l'identification de segments, l'identification de types musicaux (musique instrumentale, voix a cappella, voix et instruments, types d'instrument), la recherche de similarités (mélodique, rythmique, de timbre), la délimitation des zones intermédiaires (psalmodies, parlé-chanté). Cette collaboration avec les équipes d'informaticiens et d'acousticiens s'accompagne d'une réflexion sur les classifications et les terminologies de descriptions, notamment des types d'exécutions vocales.

Dans l'avenir, l'ANR Diadems vise principalement à faciliter la visualisation des résultats d'analyses à travers l'amélioration de l'ergonomie de la plateforme Telemeta et de la représentation des formes musicales. Certains outils d'analyse de traitement de signal ont d'ores et déjà été améliorés grâce à l'ANR :   visualisation du son selon la forme d'onde spectrale, le spectrogramme linéaire et le logarythmique, première fonction de zoom. Cependant, compte tenu de l'hétérogénéité de ces données sonores, issues d'enregistrements parfois longs et d'une qualité variée, il est nécessaire de multiplier les outils avancés, notamment : la lecture au ralenti, la lecture en boucle, l'amélioration de l'indexation et de la navigation, ainsi que la facilitation du travail collaboratif. Stéphanie Khoury présentera les résultats d'une première enquête des scénarios d'usages par les utilisateurs, dessinant les besoins futurs, des chercheurs comme des documentalistes.

Commentaires et échanges bibliographiques

14h-16h salle 308 à la MAE

Séminaire coordonné par Rosalia Martinez.

 

Cette séance est destinée à la présentation et aux échanges sur des publications pouvant apporter des ouvertures disciplinaires ou interdisciplinaires à la recherche ethnomusicologique. Les travaux présentés sont des ouvrages, des chapitres d’ouvrages, des articles ou encore un ensemble de travaux ayant une unité thématique

 

Publications/Intervenants :

Seminaire 131014-1

Jean-Pierre Estival : L’anthropologie et le défi cognitif. Maurice Bloch. Paris, Odile Jacob.

Seminaire 131014-2
Seminaire 131014-2

Seminaire 131014-2

Aurélie Helmlinger : Le cerveau mélomane. Emmanuel Bigand. Paris Belin.

Seminaire 131014-3

Estelle Amy de la Bretèque : “Vocal Anthropology: From the Music of Language to the Language of Song”. Feld, Steven, Aaron Fox, Thomas Porcello, & David Samuels. Chapitre de l’ouvrage A Companion to Linguistic Anthropology

Seminaire 131014-4

Rosalía Martínez : A propos du couple tradition/création : commentaire sur quelques travaux récemment parus.

Soutenance de thèse de J. Jugand

à 9h 30 MAE, salle 308

Le prestige en miroir.

Relations de patronage et reconfiguration de l’espace de la musique hindoustanie à Varanasi de 1875 à nos jours

41OK - Mehfil Somnath Mardu
41OK - Mehfil Somnath Mardu

41OK - Mehfil Somnath Mardu

Thèse effectuée sous la direction de Monsieur Gilles Tarabout au Centre de recherche en ethnomusicologie du Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative à l’université Paris Ouest Nanterre

Le jury est composé de :

- Michel Boivin, Directeur de recherche, CNRS
- Tiziana Leucci, Chargée de recherche, CNRS
- Claude Markovits, Directeur de recherche émérite, CNRS
- François Picard, Professeur des universités, Université Paris IV Sorbonne
- Nicolas Prévôt, Maître de conférences, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
- Catherine Servan-Schreiber, Chargée de recherche honoraire (habilitée), CNRS
- Gilles Tarabout, Directeur de recherche émérite, CNRS

La soutenance sera suivie d’un pot auquel vous êtes cordialement invités.

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Remise du Prix Ariane Deluz 2014 à Camille Devineau

Sur le terrain
Sur le terrain

Sur le terrain
à 17h30 à la Maison des sciences de l'homme, bâtiment Le France.

Le premier « Prix Ariane Deluz / aide à la recherche en ethnologie africaine » a été attribué par le Jury et la Fondation Maison des sciences de l'homme à Camille Devineau, doctorante à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, pour son projet de recherche de terrain :

Vers une conception élargie de la musique : les masques blancs en action chez les Bwaba du Burkina Faso

Mes recherches portent sur le rituel des « masques blancs » chez les Bwaba du Burkina Faso. Nocturne et spécifique aux groupe socioprofessionnels des griots, il s’insère dans le culte du Do, central dans cette société. Dans la mise en œuvre de ce rituel, qui est principalement musicale et dansée, je m’intéresse particulièrement aux relations entre les humains et les génies. Lorsqu’ils sont en mouvement, les masques, sont en effet le signe de la présence des génies sur les lieux. Si l’initiative du rituel revient aux humains, il ne peut se tenir qu’avec les génies qui, d’après la mythologie, ont donné aux humains les masques, la danse, la musique et les instruments de musique.

Dans les sociétés de cette région, la relation avec les génies est une question centrale, tant dans la vie quotidienne qu’en situation rituelle, où elle est particulièrement mise en avant. Pour saisir la nature de cette relation, je vais étudier comment elle est mise en acte dans le rituel très spectaculaire des masques blancs. Le rapport très intime des griots avec les masques, et donc avec les génies, est exprimée par une suite de procédés tactiles, visuels et sonores et par une alternance de séductions et de manipulations qui est propre à ce type de masques. L’efficacité du rituel dépend d’une articulation soigneusement aménagée entre la musique, la danse et l’expression codifiée d’une « excitation joyeuse », stipulée et jugée nécessaire au bon déroulement du rituel. C’est sur cette articulation que mes travaux se centrent en intégrant aussi un important volet social. En effet, bien que mis en œuvre par les griots, le rituel est accessible à tous les groupes si bien que l’étudier donne accès d’une part à la relation des griots avec les autres groupes sociaux, mais également à la représentation d’eux-mêmes qu’ils y donnent à voir.

Concert-conférence : musiques et danses de Java et Bali

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à 20h, théâtre bernard-Marie Koltès, Université Paris Ouest Nanterre

Evénement dans le cadre des célébrations du cinquantenaire de l’Université Paris Ouest. Le CREM soutient cet événement au titre de sa mission de diffusion des connaissances ethnomusicologiques.

Avec le groupe Pantcha Indra. Direction chorégraphique Kadek Puspasari, direction musicale gamelan javanais Christophe Moure, direction musicale gamelan balinais : Hsiao-Yun Tseng, Jeremy Abt, Theo Merigeau.

En première partie de ce spectacle, des étudiants, des membres du personnel de l’Université et des habitants de Nanterre seront réunis autour d'un gamelan, instrument monumental et collectif, emblématique des musiques indonésiennes. Ils présenteront le fruit de six mois de pratique au sein de l’université, puis laisseront place au groupe Pantcha Indra.

Formé pour cette soirée d'une trentaine de musiciens et de danseurs, cet ensemble nous fera découvrir, en deuxième partie, la grande diversité des musiques et danses de Java et Bali. Le concert sera commenté par Estelle Amy de la Bretèque.

Hommage à Gilbert Rouget

Hommage Rouget annonce
Hommage Rouget annonce

Hommage Rouget annonce
Le cinéma des africanistes

La Société des Africanistes présente un mercredi par mois un film suivi d'un débat dans la salle de cinéma du musée du quai Branly – entrée libre et gratuite

Mercredi 4 juin exceptionnellement à 16h

Hommage à Gilbert Rouget

En sa présence, sous réserve

Programme

Brice Ahounou, modérateur

Projection de plusieurs films ou extraits

Danse des reines à Porto-Novo

Gilbert Rouget (son) Jean Rouch (caméra), 1974 (extraits)

Batteries dogon

Gilbert Rouget en collaboration avec Jean Rouch et Germaine Dieterlen, 1964 (extraits)

Entretiens de Gilbert Rouget avec Bernard Lortat-Jacob et Claude Klejman

Collection L'ethnologie en héritage, dirigée par Alain Morel. Réalisateur Stéphane Jourdain, 2008 – extraits

Interview de Gilbert Rouget par Brice Ahounou.

Réalisateur Jacques Merlaud, 2014

Interventions de

Bernard LORTAT-JACOB, Brice GERARD, Tran Quang HAÏ, Madeleine LECLAIR pour la musique.

Cécile REMY et Nolwenn BLANCHARD présenteront la maquette du livre Afrique musiquante (Riveneuve éditions)

Gilbert Rouget, très grand ethnomusicologue, est une figure du XXe siècle. Il fut l'ami des plus grands comme Claude Lévi-Strauss, Michel Leiris, Pierre Verger. Entré au Musée de l'Homme en 1942 comme assistant d'André Schaeffner, chef du département d'ethnologie musicale, il lui succède comme chef du département d'ethnomusicologie. G. Rouget est un découvreur dans le domaine du son. Il crée un studio d'enregistrement au Musée de l'Homme dès 1947 et des éditions de disques appelées par la suite « Collections CNRS/Musée de l'Homme ». Avec Eric de Dampierre il co-fonde les « Editions des Classiques Africains » et avec Jean Rouch le « Laboratoire audio-visuel de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes ».

Dès 1968 il crée et met en place au Département d'ethnomusicologie du Musée de l'Homme une formation de recherche du CNRS, nouvelle dans ses principes, comprenant entre autres un laboratoire d'analyse et de transcription automatique du son, géré par un ingénieur. Ses principales missions en Afrique ont été aux Moyen-Congo et Gabon en 1946 où la musique des Pygmées est une véritable révélation pour lui, au Bénin entre 1952 et 1987 où il étudie la musique de Cour du Royaume de Porto-Novo, mais aussi au Nigéria, Sénégal, Côte d'Ivoire, Mali... où il recueille les pratiques musicales traditionnelles des populations visitées.

Sa documentation se compose actuellement de 350 CD. Il a également écrit plusieurs livres enrichis de photos sur ces musiques. Sa dernière publication « Afrique musiquante » sera présentée en avant première au public.

Travaux de thèse : Uruguay (C. Biermann) / Xinjiang (M. Mijit)

Expertise musicale et légitimité dans le champ des tambours de candombe
Expertise musicale et légitimité dans le champ des tambours de candombe

Expertise musicale et légitimité dans le champ des tambours de candombe
Expertise musicale et légitimité dans le champ des tambours de candombe (Uruguay)

Avec Clara Biermann

Depuis le début des années quatre-vingt dix, la pratique des tambours de candombe a connu une expansion sans précédent en dehors de son milieu social d’origine, celui des Afro-Uruguayens vivant dans les quartiers du sud de Montevideo. Les sorties de tambours dans les rues sont aujourd’hui pratiquées en grande majorité par des Blancs, tout en étant considérées et revendiquées comme la pratique culturelle noire par excellence. Cette appropriation nationale, officialisée avec la déclaration du candombe comme patrimoine national en 2006 et patrimoine immatériel en 2009, a profondément bouleversé le milieu musical et polarisé celui-ci entre les vrais et les faux « candomberos ». Je concentrerai mon intervention sur les musiciens considérés comme les détendeurs du savoir-faire musical et j’analyserai les traits qui fondent leur expertise : appartenance ethnique, masculinité, résistance, territoire, modes d’apprentissage. Je présenterai la construction historique des ces qualités légitimantes, ainsi que l’usage politique de cette expertise dans le contexte actuel, à la fois par les musiciens, les militants des associations politiques noires et l’Etat uruguayen.

Mëshrëp Ouïghours
Mëshrëp Ouïghours

Mëshrëp Ouïghours
Les mëshrëp ouïghours et la sauvegarde d'une culture de la fête

Avec Mukaddas Mijit.

Le mëshrëp est une réunion festive chez les Ouïghours. Hommes et femmes s’y retrouvent pour se divertir, danser et écouter de la musique, mais aussi pour participer à des joutes poétiques et assister à des performances artistiques saynètes, (acrobaties, danse masquée, concours de blague, pantomimes). C’est un endroit où sont transmises les valeurs sociales et morales et où l’on où l'on veille à l'équilibre d'une communauté. Il s’agit d’une véritable école où l’on apprend les codes sociaux. C’est aussi un lieu de formation des musiciens et les chanteurs traditionnels.

Dans les mëshrëp la transmission des valeurs se fait non seulement par le banquet, par l’écoute musicale et les danses où chacun est convié, elle passe aussi par une structure hiérarchique théâtralisée qui met en scène la sanction des mauvaises actions accomplies au sein de la communauté. Cette forme de fête codée et ritualisée est très répandue au Xinjiang. Pour cette présentation nous examinerons trois exemples de mëshrëp régionaux : Kök mëshrëp de Qumul (l’Est), Dolan mëshrëp (Sud) Ili mëshrëp (Nord).

Certains des détails changent d’une culture à l'autre, mais on y retrouve des constantes au niveau des structures et des pratiques, avec les notions de communauté (jamaët), de maitres de cérémonie (les beg), de tribunal, le repas convivial, la musique, danse, Le mëshrëp est inscrit à la liste du Patrimoine culturel immatériel de la Chine sous plusieurs versions officielles, et depuis 2010, sur la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO. Le travail de l’ethnomusicologue est de comprendre le rôle des mëshrëp dans la transmission, dans la sauvegarde et la mise en scène moderne de la musique et de la danse traditionnelle ouïghoure ainsi que l’impact de la proclamation comme patrimoine immatériel.

La politique culturelle du jazz manouche en France

Affiches
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Affiches
Avec Siv B. Lie (doctorante en ethnomusicologie à l'univeristé de New York, rattachée au CREM pour l'année 2013-2014) et Gigi Loeffler (musicien manouche)

En France, les Manouches sont vus tantôt en parias, tantôt en héros culturels. Certains Manouches utilisent leur capital culturel en tant qu’artistes pour critiquer ce qu'ils perçoivent comme une hypocrisie, tout en valorisant les qualités musicales et non-musicales de leurs communautés. Cette présentation commence par définir le genre du jazz manouche, avant d’envisager les possibilités et les limitations de la performance du jazz manouche comme un moyen d’activisme culturel pour les communautés manouches en France.

Le jazz manouche est basé sur l’œuvre du guitariste manouche Django Reinhardt dans les années 30-50, un œuvre qui a été adoptée par certaines communautés manouches comme une pratique culturelle et un emblème de leur ethnie. Le jazz manouche se joue sur scène et en famille, est transmis de façon orale, et lie les unes aux autres des générations de Manouches. Cette musique représente aussi un pont entre des mondes manouches et non-manouches. Par la musique elle-même et par d’autres supports, des musiciens manouches montrent une volonté à déterminer pour eux-mêmes leurs représentations publiques. Cette présentation aborde la question de l’efficacité de l’activisme. Il s'agira de déterminer entre autres si, surtout en ce qui concerne les pratiques expressives non verbales, les performances qui ne sont pas ouvertement formulées comme des interventions politiques peuvent être considérées comme de l’activisme culturel.

 

Siv B. Lie, née aux Etats-Unis, est doctorante en ethnomusicologie à New York University.  Elle fait actuellement son travail du terrain pour sa thèse sur la politique culturelle du jazz manouche en France.  Siv est également coordinatrice de l’Initiative for Romani Music à New York University, et ancienne directrice de Raklorom, le premier ensemble de musique romanès de son université.

Gigi Loeffler est musicien, auteur, compositeur, et interprète de la musique de Django Reinhardt.  Il est issu du milieu manouche en Alsace, et s’associe régulièrement à des projets destinés à faire rayonner le jazz de sa famille et de sa région.  Il est créateur, organisateur et professeur de l’école jazz Swing and Feelings, qui existe depuis 2007.

Applications de l'ethnomusicologie 5 : Ethnomusicologie et muséographie

cite musique
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avec Madeleine Leclair, Marie-Barbara Le Gonidec et Philippe Bruguière.

 

Le cinquième et dernier séminaire de cette série continuera d’explorer les notions de recherche-action et d'ethnomusicologie appliquée. A travers trois interventions d’ethnomusicologues responsables de collections dans des cadres institutionnels différents (Musée du Quai Branly, Musée d’Ethnographie de Genève, Musée des Arts et Traditions Populaires, Musée de la musique), il examinera en quoi l'ethnomusicologie a amené et amène encore à penser et repenser la muséographie. La question essentielle de comment exposer la musique (sous forme matérielle et immatérielle) sera reposée, aussi bien d’un point de vue épistémologique que du point de vue concret de la conservation et de la préservation des collections (d'instruments et/ou d'archives sonores). Cette séance sera aussi l’occasion de s’interroger sur la nature du dialogue de l’ethnomusicologue avec l'institution muséale (dans le cadre des politiques culturelles), sur celle du dialogue entre ethnomusicologues et muséographes, ou encore sur l'évolution des rapports aux « pays d'origine » des collections.

Applications de l'ethnomusicologie 4 : Edition et diffusion multimédia à la Cité de la musique

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Avec Anne-Florence Borneuf, Luciana Penna-Diaw, Habib Yammine :

Anne-Florence Borneuf parlera de la diffusion multimédia en ligne et ethnomusicologie à la Cité de la musique : En quoi la diffusion éditoriale peut-elle être une application particulière de l’ethnomusicologie ? La question sera posée à travers divers exemples empruntés à la collection de dossiers documentaires et guides d’écoute en ligne réalisés à la Cité de la musique et destinés à divers publics.

Luciana Penna-Diaw expliquera la démarche de la collection « Traditions chantées » qu'elle dirige : destinée aux pédagogues, amateurs et ethnomusicologues désireux de s’initier à un répertoire musical dans une approche globale, à l’appui de repères linguistiques, historiques et géographiques.

Habib Yammine présentera le dernier livre de la collection "Traditions chantées" intitulé Chants du Proche Orient dont il est l’auteur avec la chanteuse Aicha Redouane.

 

traditions chantees

Applications de l'ethnomusicologie 3 : Ethnomusicologies théorique et pratique, l'enseignement du gamelan javanais

Gamelan
Gamelan

Gamelan
Avec Estelle Amy de la Bretèque : Le gamelan est enseigné de longue date en Europe et aux Etats-Unis. La raison peut en être imputée à la richesse de cette tradition musicale qui a influencé depuis le début du 20ème siècle des compositeurs occidentaux (tels Claude Debussy ou Steve Reich), mais aussi aux possibilités pédagogiques qu'offre cet instrument collectif. De fait, la pratique du gamelan ne nécessite pas une formation musicale antérieure individuelle. C'est une activité collective qui ne peut se pratiquer seul, et l'apprentissage passe par la connaissance de toutes les parties qui constituent l'orchestre. Dans un contexte français, la musique du gamelan représente par ailleurs une altérité relativement inconnue et n'est lié ni à un passé colonial, ni à une communauté résidente en France. Le gamelan est ainsi un instrument facile d'accès qui permet d'expérimenter avec des publics variés une autre manière de faire et de concevoir la musique.


Ce séminaire présentera une réflexion sur l'articulation entre savoir ethnomusicologique et pratique musicale dans l'enseignement du gamelan javanais en Europe. Je m'appuierai pour cela sur mes propres expériences d'enseignante à la Cité de la musique (depuis 1999), à l'université de Nice Sophia-Antipolis (2006-2009) et à l'université nouvelle de Lisbonne (2010-2011). Au cours du séminaire les participants seront invités à expérimenter eux-mêmes des principes musicaux sur un gamelan javanais (en résidence à l'université Paris Ouest Nanterre).

Applications de l'ethnomusicologie 2 : Ethnomusicologie et pédagogie

Avec Gilles Delebarre : Ethnomusicologie et pédagogie : mobiliser des savoirs pour construire des pratiques nouvelles

Pedagogie
Pedagogie

Pedagogie
Par nature, l'ethnomusicologie porte un intérêt - le plus souvent admiratif - à l'altérité tout en ayant l'ambition de dénicher le sens dans les détails des pratiques qu'elle étudie. On comprend donc aisément qu'un ethnomusicologue puisse apporter une aide pertinente pour construire un programme de concerts ou d'activités éducatives consacré aux musiques du monde. Cette présentation décrira dans un premier temps la manière dont la discipline imprègne les ateliers de pratique musicale développés depuis une vingtaine d'années à la Cité de la Musique. Nous montrerons également, dans un second temps, que cet état d'esprit peut influencer aussi bien la transmission du répertoire classique occidental, qu'on imagine pourtant moins concerné par les préoccupations ethnomusicologiques. La présentation détaillera notamment une expérience pédagogique de grande ampleur menée depuis quelques années autour de cette musique : le Dispositif d’Éducation Musicale et Orchestrale à vocation Sociale (DEMOS). La discussion portera sur la manière dont un regard ethnomusicologique peut permettre d'envisager autrement la pédagogie musicale en général.

Applications de l'ethnomusicologie 1 : Recherche-action en ethnomusicologie

Avec Nicolas Prévôt et Filippo Bonini-Baraldi, en présence de Florent Manneveau, musicien

Patrimoins musical des nanterriens
Patrimoins musical des nanterriens

Patrimoins musical des nanterriens
Nicolas Prévôt : Introduction à la série "Applications de l'Ethnomusicologie" : le cas du projet ‘Patrimoine musical des Nanterriens’

Les savoirs, théories et concepts nés de l'ethnomusicologie peuvent trouver des applications dans des domaines aussi variés que la pédagogie, la muséographie, l’édition, la programmation culturelle, par ailleurs autant de voies professionnelles pour les ethnomusicologues en dehors de l'académie. La recherche-action en ethnomusicologie peut être définie comme une forme particulière d’ethnomusicologie appliquée, caractérisée par un engagement civique, voire politique, du chercheur et par le fait qu'elle mobilise des acteurs rencontrés sur le terrain. Le projet « Patrimoine musical des habitants » mené à Nanterre par des étudiants du master EMAD sur les pratiques musicales des habitants est un projet de recherche-action dans le sens où il recouvre les trois aspects que sont la collaboration (avec les Nanterriens), l'engagement (du chercheur dans sa cité) et l'intervention (l'organisation d'événements culturels avec les habitants pour valoriser leurs pratiques et créer du lien social).

"Jouer aux indiens"
"Jouer aux indiens"

"Jouer aux indiens"
Filippo Bonini-Baraldi et Florent Manneveau : "Jouer aux indiens ", expériences musicales et critiques à l'Université Paris 8

Et si, au lieu d’être observateurs, nous devenions tribu à notre tour? Et si nous transformions nos articles scientifiques en musique, comment sonnerait notre tribu, quel son aurait-elle? Lors d’un atelier pratique à l'université Paris 8 Saint-Denis, nous nous sommes inspirés de processus musicaux existant dans le monde – et non de systèmes musicaux -, pour inventer avec les étudiants notre propre musique, affranchie de toute forme prédéterminée.  Nous avons expérimenté de nouvelles manières de se réunir par la musique, nous avons exploré des formes d’écoute, de mouvement et de relations différentes de celles que nous connaissons dans notre propre société. L’enjeu était d’incorporer le savoir ethnomusicologique, mais aussi de stimuler un rapport critique - musical et politique - à notre temps présent.

Cette séance est la première de la série Applications de l'Ethnomusicologie (coord. Nicolas Prévôt).

Danse, musique, visible et invisible chez les Gnawa du Maroc

L'appel des génies Noirs - photo de de Stéphanie Bakouche à l'occasion d'une lîla de Hmida Boussou accueillie en Mayenne (27 Mars 2005).
L'appel des génies Noirs - photo de de Stéphanie Bakouche à l'occasion d'une lîla de Hmida Boussou accueillie en Mayenne (27 Mars 2005).

L'appel des génies Noirs - photo de de Stéphanie Bakouche à l'occasion d'une lîla de Hmida Boussou accueillie en Mayenne (27 Mars 2005).
Avec Jean Pouchelon

Les Gnawa sont, au sens large, une communauté marocaine d'adeptes (musiciens, officiants, "possédés") qui se réunit dans un rituel de transe nocturne baptisé la lîla (qui signifie en arabe dialectal : "une nuit").

La musique, la danse puis la transe - qui se distingue de la première selon les croyances des intéressés, lesquelles affirment que la transe est due à l'intervention des génies invisibles - sont omniprésentes dans cette célébration : il s'agit fondamentalement d'appeler des invisibles à joindre la communauté des humains. De la capacité du maître de musique à jouer durant la lîla aux instruments même du rituel, ceux-là sont pour les Gnawa au centre de la performance. Sans leur présence, le rituel est dit "froid".

Parmi les problématiques que soulève le concept d'agentivité (qu'on définira grossièrement comme la capacité d'action concédée à des non-humains), il y a celle de la nature et des modes d'action des génies vis-à-vis des pratiques rituelles et musico-chorégraphiques des Gnawa.

Après un examen des conceptions et des actions propres au rituel, je m'intéresserai à la scène en me posant la question du changement de contexte : leur musique se réduit-elle à "elle seule" lorsque les Gnawa franchissent les estrades ? Et si oui, qu'est-ce qui diffère précisément du rituel ?

Enfin, comment, s'agissant d'une rencontre entre visibles et invisibles, appréhender une réalité dont les Gnawa nous disent qu'il s'agit d'invisibles investissant le corps d'humains ? Je m'interrogerai à ce sujet sur les problématiques épistémologiques que l'approche anthropologique de l'agentivité soulève : comment se situer, comme chercheur et apprenti musicien gnawi, par rapport à cette autre vision du monde ?

En ouverture, je poserai la question suivante : et si finalement, nous n'anthropomorphisions pas tout ce qui est à notre portée (objets, systèmes symboliques) ?

***

Cette séance fait partie d'une série sur le théme Modes d'existence et formes d'action dans l'expérience auditive (coord. Victor A. Stoichiță). Séances précédentes :

Des voix en abyme. Anthropologie de la fascination sonore parmi les Runa du Haut Pastaza

          Article enregistré  Des voix en abyme. Anthropologie de la fascination sonore parmi les Runa du Haut Pastaza
Article enregistré Des voix en abyme. Anthropologie de la fascination sonore parmi les Runa du Haut Pastaza

Article enregistré Des voix en abyme. Anthropologie de la fascination sonore parmi les Runa du Haut Pastaza
Avec Andrea-Luz Gutierrez Choquevilca (Anthropologue, Maître de conférences à l’EPHE, Laboratoire d’Anthropologie Sociale)

Si la communication humaine excède de loin la dimension du langage articulé, qu’en est-il des autres modalités de productions vocales ou musicales qui émaillent les interactions entre humains et non-humains ? Sous quelles conditions puis-je espérer trouver en l’autre, animal ou esprit, un interlocuteur et un agent ? L’exposé est consacré à la tradition orale et musicale des sociétés amérindiennes Quechua runa peuplant les rives du fleuve Pastaza aux confins du territoire amazonien au Pérou. A travers la présentation de plusieurs techniques vocales et instrumentales auxquelles les runa prêtent un caractère  performatif dans le domaine de la chasse et des rituels chamaniques, on examinera les enjeux du dialogue noué entre humains et non-humains. La posture animiste – qui accorde à l’autre la position de « sujet », doit en effet compter avec l’incertitude qui entoure l’identification d’un agent et la possibilité pour cet agent d’occuper une position labile : celle d’interlocuteur et/ou d’objet du discours, d’énonciateur multiple ou in fine, celle de proie objectivée dans une carcasse animale… L’instabilité ontologique qui s’immisce au cours de ces interactions éphémères est abordée du point de vue de la voix (forme discursive ou musicale), matière et scène de l’interaction entre le chasseur, le gibier, ou entre maîtres yachak, patients et esprits pathogènes. Nous suggérons à partir de ces matériaux que ce qui est mis en œuvre à travers l’usage de cris, de sifflements ou le recours à des formes musicales et énonciatives spécifiques est un dispositif de fascination auditive, véritable piège à pensée des hommes et des esprits.

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À venir...

Au passé...

Le 12/06/2017
seminaire-du-crem-du-lundi-12-juin-avec-maho-sebianeLes puits chantants d'Arabie orientale: la pratique du Zamat au Sultanat d'Oman Séminaire du CREM avec Maho Sebiane Lundi 12 juin de 14h à 16h à la MAE (Université Paris Nanterre), salle 308   Dans la plaine côtière semi-désertique du nord du Sultanat d’Oman, l’apport en eau douce dépend essentiellement des ressources aquifères superficielles. Pour l’activité agricole, ce précieux liquide était extrait mécaniquement à partir de puits creusés au sein des palmeraies et au moyen d’une... [Lire la suite]
Le 29/05/2017
l-histoire-culturelle-du-cri-le-langage-des-emotions-et-la-technologie-de-la-voix-haute-par-ana-lidia-dominguez-ruiz-seminaire-du-crem-du-lundi-29-mai-mae-14h-16hL'histoire culturelle du cri : le langage des émotions et la technologie de la voix haute Séminaire du CREM, lundi 29 mai de 14h à 16h, à la MAE (Université Paris Nanterre), salle 308 Ana Lidia Domínguez Ruiz   Le cri est la première émission vocale de l'être humain et l'unique expression possible pendant les premiers jours de vie, il émerge de l'incontinence des sensations telles que la douleur, la colère ou la faim ; dans la troisieme semaine apparaît le cri délibéré, par lequel... [Lire la suite]
Le 15/05/2017
seminaire-du-crem-du-lundi-15-mai-avec-myriam-kolar-de-14h-a-16h-maeCirculation et recomposition des répertoires dans la musique classique de l'Inde du Nord : l'exemple du chant khyāl Ingrid Le Gargasson Séminaire du CREM du lundi 15 mai, de 14h à 16h, à la MAE (Université Paris Ouest Nanterre)   Le khyāl est actuellement le principal genre de la musique vocale hindoustanie ou « musique classique » de l’Inde du Nord. Cette forme poético-musicale, apparue au tournant du 17e siècle, s’est développée aux 18e et 19e siècles et a continué à se transformer... [Lire la suite]
Le 24/04/2017
journee-d-etudes-du-crem-lundi-24-avril-danse-organisee-par-elena-bertuzzi-laura-fletySéminaire spécial du CREM, lundi 24 avril de 14h à 17h30 Université Paris Nanterre / MAE / salle 308   Observer la danse. Regarder le corps en mouvement Coordonné par Laura Fléty   Toute danse nous amène à réfléchir sur la manière dont les groupes sociaux produisent des nouvelles formes de savoir provoquant, tant chez les danseurs que chez les spectateurs, des expériences et des émotions transformatrices. Qu’il soit exécuté de manière individuelle ou collective, le mouvement dansé... [Lire la suite]
Le 27/03/2017
seminaire-du-crem-du-lundi-27-mars-avec-anis-farijiLa cantillation du Coran : une forme esthétique sous le signe impérieux du sacré Anis Fariji Séminaire du CREM du lundi 27 mars, de 14h à 16h à la MAE, Université Paris Ouest Nanterre   La cantillation du Coran représente une forme vocale singulière dans les cultures de l’islam. Sa singularité réside dans le fait que la dimension sacrée qui la définit essentiellement, s’imprime dans sa propre structure. D’un côté, le Texte sacré exige que son être sonore soit immédiatement distingué... [Lire la suite]
Le 06/03/2017
seminaire-du-crem-du-lundi-6-mars-avec-christophe-orrParis chaâbi : Mémoire et identité dans la diaspora algérienne Christopher Orr Séminaire du CREM - lundi 6 mars, de 14h à 16h à la MAE  Cette intervention examinera la présence et l’impact du genre de musique populaire algérienne appelé chaâbi à Paris. À partir d’une enquête ethnographique, je montrerai comment la performance de cette musique en France crée et maintient une identité culturelle distincte qui est imprégnée de nostalgie et au même temps placée dans les réalités actuelles... [Lire la suite]
Le 20/02/2017
seminaire-du-crem-du-lundi-20-fevrier-avec-vassili-rivron-gabriel-improtaDeux manifestes pour une samba moderne : reconfiguration de l’industrie musicale et stratégies d’innovation esthétique (samba-jazz et bossa nova, 1959-65) Séminaire du CREM du lundi 20 février, avec Vassili Rivron & Gabriel Improta De 14h à 16h, MAE    L’"âge d’or de la radio" a joué un rôle central dans la consécration de la samba comme musique nationale et sa valorisation esthétique au Brésil. Le déclin de ce monde de l’art dans les années 1950 et la reconfiguration progressive... [Lire la suite]
Le 30/01/2017
seminaire-du-crem-du-17-octobre-meta-communications-musicales-dans-le-rituel-bwete-ou-comment-le-rapport-a-la-variation-informe-sur-les-relations-interethniques-gabon-magali-de-ruyterSéminaire du CREM du 30 janvier 2017 De 14h à 16h, salle 308, MAE - Nanterre  (Méta-)Communications musicales dans le rituel bwete. Ou comment le rapport à la variation informe sur les relations interethniques (Gabon) Magali De Ruyter (Post-doctorante au CREM) Dans les monts du Chaillu au centre sud du Gabon, les Pygmées Babongo sont initiés aux rituels de leurs voisins Mitsogo et Masangu, rituels dont ils exécutent ensemble les cérémonies. M’inspirant des approches relationnelle de... [Lire la suite]
Le 05/12/2016
journee-d-etude-rencontre-autour-de-pan-e-pedia-un-observatoire-organologique-multi-media-d-un-instrument-trans-national-lundi-5-decembre-de-10h-a-16h-a-la-maeJournée d'étude du CREM - lundi 5 décembre de 10h à 16h Université Paris Ouest Nanterre 10h-12h : Bâtiment Max Weber, salle de séminaire n°2 , RDC 14h-16h : MAE    Rencontre autour de Pan-e-pedia Un observatoire organologique multi-média d’un instrument trans-national    Conçu à la fois comme une plateforme d’archivage, de consultation et comme un outil d’analyse au service d’un projet de recherche sur une évolution organologique, Pan-e-pedia cherche à rendre compte... [Lire la suite]
Le 21/11/2016
seminaire-du-crem-lundi-21-novembre-a-14h-l-apport-des-ethnomusicologues-a-l-exposition-temporaire-amazonie-le-chamane-et-la-pensee-de-la-foret-presentee-au-meg-par-madeleine-leclair-bernd-brabec-de-mori-matthias-lewySéminaire du CREM - lundi 21 novembre à 14h à la MAE L'apport des ethnomusicologues à l'exposition temporaire "Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt" présentée au Musée Ethnographique de Genève Madeleine Leclair, Bernd Brabec de Mori & Matthias Lewy   La prise en compte de la musique et du son dans l'exposition temporaire Amazonie a été l'une des préoccupations majeures de l'équipe qui a oeuvré à sa réalisation. Ainsi, cette exposition propose au public différentes... [Lire la suite]
Le 07/11/2016
seminaire-du-crem-lundi-7-novembre-la-circulation-du-rubab-afghan-du-pachtounistan-a-l-occident-sylvain-roySéminaire du CREM du lundi 7 novembre, de 14h à 16h, à la MAE La circulation du rubâb afghan, du Pachtounistan à l’Occident  Sylvain Roy, doctorant au CREM      Quand on parle d’Afghanistan, les premières images qui nous viennent à l’esprit sont celles d’un pays déchiré par des décennies de guerres. D’ailleurs, lorsque l’on se penche sur son histoire, on constate en effet qu’il a été de tout temps convoité par les royaumes voisins, et au-delà. De ces rencontres, qui n’ont... [Lire la suite]
Le 06/06/2016
seminaire-06-06-16Séminaire de 14h à 16h salle 308 à la MAE avec Carine Plancke (Université de Roehampton/Laboratoire d’anthropologie sociale) Au Rwanda, les danses dites traditionnelles sont actuellement l’objet d’une forte revitalisation, qui se manifeste en zones urbaines par le foisonnement de troupes de jeunes danseurs. Cette revivification participe du dynamisme que connaît ce pays porté par un élan de reconstruction suite à la tragédie génocidaire de 1994 et par la volonté de créer une nouvelle nation unifiée... [Lire la suite]
Le 30/05/2016
seminaire-30-05-16Séminaire avec Armelle Gaulier de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Le groupe de rock alternatif Zebda est né d’une aventure associative pendant les années 1980 à Toulouse. Composé de français issus de l'immigration maghrébine postcoloniale et des immigrations espagnoles et italiennes du début du XXème siècle en région Midi-Pyrénées, Zebda connaît un certain succès en France pendant les années 1990. Après une pause de plusieurs années (entre 2003 et 2008), ils publient un nouvel album en 2012.... [Lire la suite]
Le 23/05/2016
seminaire-diademsSéminaire de 14h à 16h à la MAE. Exceptionnellement, le séminaire se tiendra en Salle de cours 1, au Rez-de-jardin de la MAE. Le projet ANR DIADEMS (2014-2016), en partenariat entre le LESC, le MNHN, le LAM ainsi que plusieurs laboratoires de traitement du signal et d'informatique (IRIT, LABRI,LIMSI), arrive à échéance, et il est temps d'en tirer un premier bilan. Ce projet apporte des outils d'indexation des contenus audio qui vont faciliter le traitement semi-automatique des archives... [Lire la suite]
Le 02/05/2016
seminaire-02-05-16Séminaire avec Lin Wei-Ya (postdoc, université de Vienne) de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Tao (chi. 達悟 or Yami 雅美) is one of the sixteen recognized indigenous ethnic groups in Taiwan. Their language belongs to the Austronesian language group and is orally transmitted. The traditional music of the Tao consists primarily of songs. There is no word in the Tao language that can be translated as ‘music’. They use the term mianoanood, which means ‘singing songs’. Through traditional singing practices,... [Lire la suite]
Le 11/04/2016
seminaire-avec-steven-feldSéminaire avec Steven Feld de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Coordonné par R. Martinez et C. Guillebaud (CREM) et M. Solomos (Musidanse). Dans le cadre du séminaire international « Espace-son. Approche interdisciplinaire des milieux sonores » (Université Paris 8, Université Paris Ouest la Défense), avec le soutien de l'Université Paris-Lumières. Résumé (nb: la communication se tiendra en français) In the 1970s I proposed "the anthropology of sound" as a corrective the limitations of the Merriam... [Lire la suite]
Le 21/03/2016
seminaire-21-03-16Séminaire avec Séminaire de Fabrice Marandola (Université McGill de Montréal), de 14h à 16h salle 308 à la MAE.   De quelle manière les musiciens conçoivent-ils la musique qu’ils interprètent, et comment parviennent-ils à les exécuter ? Tel est le thème central des recherches que je mène depuis une vingtaine d’années, tant dans les musiques de tradition orale du Cameroun que dans ma pratique de pédagogue et d’interprète de la musique occidentale pour percussion. La conception dont il... [Lire la suite]
Le 07/03/2016
l-hellenisme-comme-outil-analytique-de-domination-occidentale-en-musicologieSéminaire avec Amine Beyhom, de 14h à 16h salle 308 à la MAE. À l’orée du xixe siècle, la musicologie occidentale impose une vision totalitaire de l’héritage de la Grèce ancienne, centrée sur les aspects de cette culture compatibles avec les caractéristiques de la musique tonale. L’hégémonie du pythagorisme et autres zarlinismes qui s’établit dès lors en analyse musicale a créé un dogme musicologique basé sur la supériorité axiomatique du diatonisme (dans le sens, justement, restrictif et... [Lire la suite]
Le 15/02/2016
seminaire-15-02-16Séminaire avec Baptiste Bacot (EHESS), de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Partant du constat selon lequel le devenir électrique puis informatique des instruments de musique constitue une limite de l’organologie traditionnelle – ou du moins donne matière à discussion –, ce travail doctoral vise à combler cette lacune par l’étude située de la lutherie numérique dans des contextes musicaux variés (musiques savantes, performances audiovisuelles, musiques populaires), mais néanmoins tous électroniques.... [Lire la suite]
Le 01/02/2016
remembering-the-jewish-past-through-popular-song-in-contemporary-tunisiaSéminaire avec Ruth Davis (University Reader, Université de Cambridge), le 1er février 2016, de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Through the medium of popular song, my lecture explores different ways in which Tunisians have come to terms with the rupture caused by the mass exodus of Jews following independence. It focuses on the new kind of popular song (ughniyya) that was associated with the rise of commercial recording in the early twentieth century; traditional Islamic social taboos against public... [Lire la suite]
Le 25/01/2016
seminaire-avec-aurelie-helmlingerSéminaire de 14h à 16h salle 308 à la MAE. Avec Aurélie Helmlinger, chercheuse au CREM. Parallèlement à la puissante politique de « nationalisme musical » (Turino 2003) qui a été suivie à Trinidad et Tobago depuis l’indépendance (Stuempfle 1995; Dudley 2008; Birth 2008), les steelbands ont connu une internationalisation spectaculaire : d’abord diffusés dans la diaspora, ces orchestres se sont en effet répandus dans le monde entier, sur tous les continents. À la fois infiniment fiers... [Lire la suite]
Le 14/12/2015
journee-anthropologie-du-geste-musical-et-de-la-danse-2Journée d’étude de 14h à 17h salle 308 à la MAE. Coordonnée par Rosalia Martinez. Comme la première, cette séance est consacrée à l’approche des pratiques chorégraphiques ou musicales des sociétés andines et des basses terres de l’Amérique à partir d’un  regard qui, de préférence, priorise l’expérience corporelle et interroge les techniques du corps. Il s’agira ainsi de mettre en lumière la manière dont le corps devient outil de connaissance et lieu où se construit l’entrecroisement entre vécu... [Lire la suite]
Le 30/11/2015
l-art-des-manoeuvres-de-l-ethnomusicologue-sur-le-terrainSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Vincent Dehoux, chercheur au CREM. Ce séminaire envisagera ce qu'à mon avis, l'ethnomusicologue devrait entreprendre sur le terrain. Et si, j'utilise ici le terme de "manoeuvres", c'est que pour moi, il s'agit bien plus que de simples procédures. Au contraire, dans le cas présent, ces manoeuvres sont lourdes, chargées de sens et requièrent une attention, une imagination visant à les renouveler sans cesse. Nous verrons aussi en quoi, pour moi, la façon... [Lire la suite]
Le 17/11/2015
seminaire-international-espace-son-de-l-universite-paris-lumieres-avec-jonathan-sterne       Séminaire international  Espace-son. Approche interdisciplinaire des milieux sonores sous la direction de Christine Guillebaud, Rosalia Martinez, Makis Solomos Musidanse (Université Paris 8), Crem (CNRS/Université Paris-Ouest), avec le soutien de l’Université Paris-Lumières    Ce séminaire abordera divers milieux sonores artistiques et quotidiens sur la base d’analyses musicales, d’ethnographies et d’analyses acoustiques de sites (théâtres, salles... [Lire la suite]
Le 09/11/2015
corps-musique-et-danse-societes-andines-et-des-basses-terres-de-l-amerique-1Journée d’étude de 14h à 17h salle 308 à la MAE. Coordonnée par Rosalia Martinez. Cette séance et celle du 14 décembre seront consacrées à l’approche des pratiques chorégraphiques ou musicales des sociétés andines et des basses terres de l’Amérique à partir d’un regard qui, de préférence, priorise l’expérience corporelle et interroge les techniques du corps. Il s’agira ainsi de mettre en lumière la manière dont le corps devient outil de connaissance et lieu où se construit l’entrecroisement entre... [Lire la suite]
Le 12/10/2015
un-terrain-d-ethnomusicologie-au-burkina-faso-entremusique-et-geniesSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Camille Devineau, doctorante du CREM. Ce séminaire me donne l’opportunité de présenter mon travail de terrain de thèse qui s’est déroulé en pays bwaba au Burkina Faso de novembre 2014 à juillet 2015. Mon intérêt porte sur un rituel de masques nocturnes, les masques blancs, et sur le rôle que peuvent avoir dans son fonctionnement la musique, la danse et certaines qualités d’expression émotionnelle de joie. Ces masques appartiennent exclusivement à des... [Lire la suite]
Le 30/03/2015
ligne-de-temps-un-logiciel-d-indexation-video Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Émeline Lechaux (MNHN). Organisé par Aude Julien Da Cruz Lima.  Le traitement des matériaux de terrain audiovisuels nécessite des outils d'analyses ergonomiques et performants pour répondre aux besoins des chercheurs et des archivistes. Émeline Lechaux présentera un retour d'expérience sur le logiciel « Lignes de temps » (développé par l'IRI) pour l'analyse de documents audiovisuels dans le cadre de sa thèse portant sur la comparaison... [Lire la suite]
Le 16/03/2015
seminaire-avec-waed-bou-hassounSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Waed Bou Hassoun, doctorante du CREM. La jawfiyya : chants et danses cérémoniels des Druzes du sud de la Syrie.  Chez les Druzes du sud de la Syrie, les mariages (al-afrâh) et les funérailles (al-atrâh) sont les deux grands rituels qui marquent la vie sociale et les deux circonstances principales qui sont célébrées par les chants et la poésie. La participation aux joies et aux malheurs des autres membres de la communauté est une obligation... [Lire la suite]
Le 02/03/2015
transforming-african-music-cycles-in-12-easy-stepsSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Michael Tenzer, ethnomusicologue, Professeur à l’University of British Columbia. This paper, an exercise in speculative music theory, studies two African cyclical structures of very different origins and hypothesizes deep structural connections between them. Rhythm and grouping, and the idea of directed compositional process—specifically, the process of transposition—are considered.  I depart from a hunch that the cycles, even with different... [Lire la suite]
Le 09/02/2015
musique-liturgique-de-l-eglise-apostolique-armenienne-a-istanbul-positionnements-et-enjeuxSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Anne Damon-Guillot, maître de conférences à l’université de Saint-Étienne. La communauté arménienne internationale, partage, pour le plus grand nombre, une appartenance à l’Église apostolique arménienne, un sentiment religieux et une identité entretenus et construits par la musique, indissociable de la liturgie. La musique religieuse arménienne à Istanbul est majoritairement représentée par la polyphonie accompagnée, largement pratiquée par la... [Lire la suite]
Le 26/01/2015
diphoner-entre-la-steppe-et-la-ville-esquisse-des-enseignements-du-hoeoemij-en-mongolieSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Johanni Curtet, ethnomusicologue, musicien, diphoneur, chercheur associé à l’EA 1279 Histoire et critique des arts de l’Université Rennes 2 Avant les années 1950, le höömij (chant diphonique) était peu connu en Mongolie et pratiqué par quelques individus dans les montagnes de l’Altaï. À travers la période soviétique (1924-1990), cette technique vocale s’est transformée pour devenir un art de scène, selon des canons esthétiques à la fois occidentaux et... [Lire la suite]
Le 12/01/2015
pan-e-pedia-une-base-de-donnees-multimedia-sur-les-steelpansSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Avec Aurélie Helmlinger, chercheuse au CREM. Le séminaire présentera le projet « Pan-e-pedia », dont l’objectif est de constituer une base de données multimédia sur les configuration des steelpans à Trinidad et Tobago. La répartition des notes (topologie) des pans est très originale, en raison notamment de contraintes acoustiques liées à sa facture : les notes sont en effet façonnées sur une même surface, et la frappe d’une note met en vibration, par... [Lire la suite]
Le 15/12/2014
travaux-de-doctorants-et-jeunes-docteurs-3Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Coordonné par Clara Biermann  Avec Nicolas Elias Docteur en ethnomusicologie - CREM-LESC / Post-doctorant au musée du quai Branly   Autorité, autonomie et masculinité dans une danse de Turquie Dans certaines danses des montagnes pontiques (Turquie), un meneur dirige non seulement le développement de la danse mais également celui de la musique. C’est là un usage réservé aux hommes – l’une des démonstration possibles de virilité – mais également... [Lire la suite]
Le 01/12/2014
travaux-de-doctorants-et-jeunes-docteurs-2 Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Coordonné par Clara Biermann. Maho Sebiane doctorant CREM-LESC Université Paris Ouest-Nanterre Au cours de mes enquêtes de terrain sur la cérémonie de possession leiwah, menées de 2009 à 2012, notamment au Sultanat d’Oman, j’ai dû me rendre à l’évidence qu’il ne faisait aucun doute aux yeux des adeptes de ces cérémonies que les esprits qui s’y manifestent viennent d’un territoire africain d’au-delà des mers, le pays des « sawahili... [Lire la suite]
Le 17/11/2014
travaux-de-doctorants-et-jeunes-docteursSéminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Coordonné par Clara Biermann. Avec Séverine Gabry-Thienpont, Post-doctorante CREM, membre scientifique de l'IFAO. Les fêtes de saints, mûlid-s, constituent en Égypte une des manifestations de piété populaire les plus ostentatoires et les plus fascinantes. Visibles et audibles de loin, ces mûlid-s, aussi bien en Haute qu’en Basse Égypte, relèvent de l’« expérience sociale et participative » – pour reprendre cette expression de... [Lire la suite]
Le 03/11/2014
autour-des-categories-vocales  Séminaire de 14h-16h salle 308 à la MAE. Coordonné par l'équipe Diadems du CREM (Jean Lambert, Joséphine Simonnot, Aude Julien Da Cruz Lima, Stéphanie Khoury, Estelle Amy de la Bretèque).   Premiers résultats du projet ANR DIADEMS.   En prenant appui sur la plateforme Telemeta d'archives sonores du CREM, le projet ANR DIADEMS (2013-2015) vise à la Description, l'Indexation, et l'Accès aux Documents Ethnomusicologiques et Sonores. Il est organisé en un partenariat... [Lire la suite]
Le 13/10/2014
autour-de-quelques-publications-recentes-en-ethnomusicologie14h-16h salle 308 à la MAE Séminaire coordonné par Rosalia Martinez.   Cette séance est destinée à la présentation et aux échanges sur des publications pouvant apporter des ouvertures disciplinaires ou interdisciplinaires à la recherche ethnomusicologique. Les travaux présentés sont des ouvrages, des chapitres d’ouvrages, des articles ou encore un ensemble de travaux ayant une unité thématique   Publications/Intervenants : Jean-Pierre Estival : L’anthropologie et le défi... [Lire la suite]
Le 23/06/2014
soutenance-de-these-de-j-jugandà 9h 30 MAE, salle 308 Le prestige en miroir. Relations de patronage et reconfiguration de l’espace de la musique hindoustanie à Varanasi de 1875 à nos jours Thèse effectuée sous la direction de Monsieur Gilles Tarabout au Centre de recherche en ethnomusicologie du Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative à l’université Paris Ouest Nanterre Le jury est composé de : - Michel Boivin, Directeur de recherche, CNRS- Tiziana Leucci, Chargée de recherche, CNRS- Claude Markovits,... [Lire la suite]
Le 19/06/2014
remise-du-prix-ariane-deluz-2014-a-camille-devineauà 17h30 à la Maison des sciences de l'homme, bâtiment Le France. Le premier « Prix Ariane Deluz / aide à la recherche en ethnologie africaine » a été attribué par le Jury et la Fondation Maison des sciences de l'homme à Camille Devineau, doctorante à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, pour son projet de recherche de terrain : Vers une conception élargie de la musique : les masques blancs en action chez les Bwaba du Burkina Faso Mes recherches portent sur le rituel des « masques... [Lire la suite]
Le 05/06/2014
concert-conference-musiques-et-danses-de-java-et-balià 20h, théâtre bernard-Marie Koltès, Université Paris Ouest Nanterre Evénement dans le cadre des célébrations du cinquantenaire de l’Université Paris Ouest. Le CREM soutient cet événement au titre de sa mission de diffusion des connaissances ethnomusicologiques. Avec le groupe Pantcha Indra. Direction chorégraphique Kadek Puspasari, direction musicale gamelan javanais Christophe Moure, direction musicale gamelan balinais : Hsiao-Yun Tseng, Jeremy Abt, Theo Merigeau. En première partie de ce... [Lire la suite]
Le 04/06/2014
hommage-a-gilbert-rougetLe cinéma des africanistes La Société des Africanistes présente un mercredi par mois un film suivi d'un débat dans la salle de cinéma du musée du quai Branly – entrée libre et gratuite Mercredi 4 juin exceptionnellement à 16h Hommage à Gilbert Rouget En sa présence, sous réserve Programme Brice Ahounou, modérateur Projection de plusieurs films ou extraits Danse des reines à Porto-Novo Gilbert Rouget (son) Jean Rouch (caméra), 1974 (extraits) Batteries dogon Gilbert Rouget en collaboration... [Lire la suite]
Le 19/05/2014
travaux-de-these-uruguay-c-biermann-xinjiang-m-mijitExpertise musicale et légitimité dans le champ des tambours de candombe (Uruguay) Avec Clara Biermann Depuis le début des années quatre-vingt dix, la pratique des tambours de candombe a connu une expansion sans précédent en dehors de son milieu social d’origine, celui des Afro-Uruguayens vivant dans les quartiers du sud de Montevideo. Les sorties de tambours dans les rues sont aujourd’hui pratiquées en grande majorité par des Blancs, tout en étant considérées et revendiquées comme la pratique... [Lire la suite]
Le 28/04/2014
la-politique-culturelle-du-jazz-manouche-en-franceAvec Siv B. Lie (doctorante en ethnomusicologie à l'univeristé de New York, rattachée au CREM pour l'année 2013-2014) et Gigi Loeffler (musicien manouche) En France, les Manouches sont vus tantôt en parias, tantôt en héros culturels. Certains Manouches utilisent leur capital culturel en tant qu’artistes pour critiquer ce qu'ils perçoivent comme une hypocrisie, tout en valorisant les qualités musicales et non-musicales de leurs communautés. Cette présentation commence par définir le genre du jazz... [Lire la suite]
Le 07/04/2014
applications-de-l-ethnomusicologie-5avec Madeleine Leclair, Marie-Barbara Le Gonidec et Philippe Bruguière.   Le cinquième et dernier séminaire de cette série continuera d’explorer les notions de recherche-action et d'ethnomusicologie appliquée. A travers trois interventions d’ethnomusicologues responsables de collections dans des cadres institutionnels différents (Musée du Quai Branly, Musée d’Ethnographie de Genève, Musée des Arts et Traditions Populaires, Musée de la musique), il examinera en quoi l'ethnomusicologie a amené... [Lire la suite]
Le 24/03/2014
recherche-action-en-ethnomusicologie-titre-provisoire-3 Avec Anne-Florence Borneuf, Luciana Penna-Diaw, Habib Yammine : Anne-Florence Borneuf parlera de la diffusion multimédia en ligne et ethnomusicologie à la Cité de la musique : En quoi la diffusion éditoriale peut-elle être une application particulière de l’ethnomusicologie ? La question sera posée à travers divers exemples empruntés à la collection de dossiers documentaires et guides d’écoute en ligne réalisés à la Cité de la musique et destinés à divers publics. Luciana Penna-Diaw... [Lire la suite]
Le 03/03/2014
ethnomusicologie-theorique-et-pratique-avec-le-gamelan-javanaisAvec Estelle Amy de la Bretèque : Le gamelan est enseigné de longue date en Europe et aux Etats-Unis. La raison peut en être imputée à la richesse de cette tradition musicale qui a influencé depuis le début du 20ème siècle des compositeurs occidentaux (tels Claude Debussy ou Steve Reich), mais aussi aux possibilités pédagogiques qu'offre cet instrument collectif. De fait, la pratique du gamelan ne nécessite pas une formation musicale antérieure individuelle. C'est une activité collective qui ne peut... [Lire la suite]
Le 10/02/2014
recherche-action-en-ethnomusicologie-titre-provisoire-2Avec Gilles Delebarre : Ethnomusicologie et pédagogie : mobiliser des savoirs pour construire des pratiques nouvelles Par nature, l'ethnomusicologie porte un intérêt - le plus souvent admiratif - à l'altérité tout en ayant l'ambition de dénicher le sens dans les détails des pratiques qu'elle étudie. On comprend donc aisément qu'un ethnomusicologue puisse apporter une aide pertinente pour construire un programme de concerts ou d'activités éducatives consacré aux musiques du monde. Cette présentation... [Lire la suite]
Le 13/01/2014
recherche-action-en-ethnomusicologieAvec Nicolas Prévôt et Filippo Bonini-Baraldi, en présence de Florent Manneveau, musicien Nicolas Prévôt : Introduction à la série "Applications de l'Ethnomusicologie" : le cas du projet ‘Patrimoine musical des Nanterriens’ Les savoirs, théories et concepts nés de l'ethnomusicologie peuvent trouver des applications dans des domaines aussi variés que la pédagogie, la muséographie, l’édition, la programmation culturelle, par ailleurs autant de voies professionnelles pour les ethnomusicologues en... [Lire la suite]
Le 02/12/2013
danse-musique-visible-et-invisible-chez-les-gnawa-du-marocAvec Jean Pouchelon Les Gnawa sont, au sens large, une communauté marocaine d'adeptes (musiciens, officiants, "possédés") qui se réunit dans un rituel de transe nocturne baptisé la lîla (qui signifie en arabe dialectal : "une nuit"). La musique, la danse puis la transe - qui se distingue de la première selon les croyances des intéressés, lesquelles affirment que la transe est due à l'intervention des génies invisibles - sont omniprésentes dans cette célébration : il s'agit fondamentalement... [Lire la suite]
Le 18/11/2013
des-voix-en-abyme-anthropologie-de-la-fascination-sonore-parmi-les-runa-du-haut-pastazaAvec Andrea-Luz Gutierrez Choquevilca (Anthropologue, Maître de conférences à l’EPHE, Laboratoire d’Anthropologie Sociale) Si la communication humaine excède de loin la dimension du langage articulé, qu’en est-il des autres modalités de productions vocales ou musicales qui émaillent les interactions entre humains et non-humains ? Sous quelles conditions puis-je espérer trouver en l’autre, animal ou esprit, un interlocuteur et un agent ? L’exposé est consacré à la tradition orale et musicale des... [Lire la suite]
Le 04/11/2013
vers-une-anthropologie-du-sonoreAvec Christine Guillebaud et Jean-Michel Beaudet Christine Guillebaud esquissera un état des lieux des travaux menés dans le domaine de l'anthropologie du sonore et présentera les perspectives de recherche menées au sein du collectif MILSON. Ce programme porte sur des objets encore mal identifiés en sciences sociales, si l’on en juge par la diversité des expressions pour les designer : « paysage sonore », « environnement acoustique », « ambiance » etc. Dans une perspective... [Lire la suite]
Le 21/10/2013
terrains-andins-la-musique-comme-energieAvec Rosalia Martinez. Différents matériaux ethnographiques provenant de groupes indigènes du centre-sud de la Bolivie montrent que la musique, et,  de manière plus large, les sons, viennent à être conçus comme une force (fuerza), une énergie capable de transformer les comportements de différentes entités de l’existant. Quelles sont ces transformations ? Par quels procédés la musique peut-elle agir sur les êtres ? Le séminaire interrogera cette notion de « force » qui ne... [Lire la suite]
Le 14/10/2013
jouer-les-dieux-un-pantheon-musical-au-bastar-inde-centraleAvec Nicolas Prévôt. Au Bastar en Inde centrale, certaines musiques rituelles permettent - grâce à des traits esthétiques bien choisis - de diffuser des “êtres sonores” dans l'espace et dans le temps. En remplissant l'environnement de leur énergie et de leur nature fluctuante, la musique pénètre, influence voire transforme certains éléments, qu'ils soient au départ animés ou inanimés. Lors de cette présentation, je ferai une comparaison entre la musique et l'alcool, présentés dans un contexte... [Lire la suite]
Le 30/09/2013
free-party-des-mots-pour-dire-la-musique-la-transe-l-emotion-et-la-feteLes free parties proposent un dispositif festif original. Sans début ni fin marqués, occupant des espaces inédits et squatés (usines ou entrepôts en friche, ruines, clairières, prairies), ces événements ménagent un flux sonore constant de musique élecronique assuré par les DJ et les lives qui s'y succèdent. Les musiciens n'y sont pas visibles la plupart du temps, et le plus emblématique de ces fêtes reste les grosses enceintes qui en structurent l'espace, souvent personnalisées par les sound-systems... [Lire la suite]
Le 03/06/2013
dialogue-autour-des-berceuses-universaux-du-developpement-et-diversite-culturelleavec Maya Gratier et Clémentine Garcia Le chant au cœur du développement humain : interactions mère-bébé de la naissance à six mois. Maya Gratier (professeur de psychologie du développement, UPO) Cet exposé présentera une synthèse de travaux en psychologie du développement et en psychologie de la musique sur les pratiques musicales adressées au jeune bébé. La chanson adressée aux enfants sera examinée d’une part comme une pratique musicale rencontrée de par le monde sous des formes très diverses... [Lire la suite]
Le 27/05/2013
de-l-ecoute-a-la-danse-l-experience-rituelle-dans-le-semah-des-grues-de-divrigi-turquieAvec Françoise Arnaud-Demir En Turquie, les Alévis ont fait de la danse semah, que l'on peut rattacher à la catégorie plus générale du samâc des Soufis, l'un des éléments clés de leur rituel plénier, l'ayn-i djem ou « cérémonie collective ». Ces longues assemblées ont traditionnellement lieu l'hiver, une nuit de jeudi à vendredi, et réunissent en cercle fermé, dans un espace assez grand pour les recevoir, l'ensemble des villageois, hommes et femmes, sous la houlette d'un guide appelé dédé («... [Lire la suite]
Le 27/05/2013
le-chant-antique-hore-memoire-des-sassanides-ou-construction-de-l-identite-kurde-contemporaine-irak-iranAvec Mohammad Merati (doctorant, CREM/LESC) Au Kurdistan, le chant hore, interprété a capella, principalement par des hommes, revêt une dimension symbolique très forte. De par son étymologie, hor qui signifie « soleil », il serait apparenté au dieu antique Ahura Mazda, le dieu du zoroastrisme, l’une des premières formes de religion monothéiste. Sur la base d'une enquête de terrain et d’un corpus rigoureusement sélectionné, je m'efforce d'étudier le langage musical et la dimension religieuse de... [Lire la suite]
Le 13/05/2013
le-mulidi-de-mayotte-une-performance-chantee-religieuse-et-populaire Avec Abdoul-Karime Ben Said (Attaché territorial, direction de la Culture et du Patrimoine, Conseil général de Mayotte) photo : Dahala, choeur du mulidi (Cl. : Ibrahim MCOLO)   Le mulidi de Mayotte est une pratique musicale se réclamant de la confrérie qâdiriyya. Très fréquent, il anime tout le cycle de la vie. Il célèbre les grands moments de réjouissances (furaha) ou de réussite, la réalisation d’un voeu (nadhara), le retour du pèlerinage à la Mecque (hadj). Le mariage (harusi) est... [Lire la suite]
Le 15/04/2013
presentation-des-etudiant-e-s-de-master-2-emad-candidats-a-une-recherche-doctorale Programme de la séance : Waed Bouhassoun « Les chants du rituel funéraire chez les Druzes du sud de la Syrie ».  Camille Devineau « La danse des masques blancs chez les Bwaba du Burkina Faso : musique, danse et joie dans le fonctionnement rituel » Kahithe Kiiru « Bomas of Kenya. Les danses locales à l’épreuve de la scène nationale » Claire Lacombe « Comment interroger la continuité du répertoire de xylophones fang ? Pour une valorisation des... [Lire la suite]
Le 25/03/2013
ethnomusicologie-ou-musicologie-transculturelleAvec Francesco Giannattasio (professeur, Université La Sapienza, Rome). Francesco Giannattasio, qui a écrit plusieurs livres ou articles théoriques sur "le concept de musique", s'attaque à une question qui nous intéresse tous : qu'est-ce que l'ethnomusicologie et en quoi consiste sa spécificité aujourd'hui ? Il s'agira moins de revenir sur les acquis (incontestables et nombreux), que de (se) poser des questions sur l'objet, les méthodes et les présupposés théoriques mis en œuvre dans l'étude des... [Lire la suite]
Le 25/02/2013
convivialite-et-proximite-musicale-au-tadjikistanAvec Ariane Zévaco Au Tadjikistan, lorsque les musiciens évoquent les qualités indispensables à la pratique du chant, ils insistent sur l’adéquation nécessaire entre le sens de la poésie chantée, leur ressenti personnel, celui de l’auditoire, et le contexte de la production. Dans le cadre de ma thèse en anthropologie, j’explore comment cette adéquation est construite dans des lieux sociaux différents, selon des répertoires et des formes musicales et poétiques différenciés, et finalement comment se... [Lire la suite]
Le 11/02/2013
les-solistes-samburu-kenya-musique-autorite-et-appartenance-territorialeAvec Giordano Marmone. Chez les Samburu, pasteurs nomades du Kenya centre-septentrional, les membres de la classe d’âge des lmurran (guerriers) forment des groupes stables, composés d'environ 30-40 individus qui partagent le même territoire d’origine. A première vue, ces groupes (ou clubs, comme les a définis Paul Spencer) semblent être caractérisés par un fort égalitarisme et l'absence de hiérarchie interne. Cependant, un examen plus minutieux révèle la présence d'un ordre hiérarchique et met en... [Lire la suite]
Le 14/01/2013
how-to-charge-a-voice-with-powerAvec Bernd Brabec de Mori (Zentrum für Systematische Musikwissenschaft, Université de Graz). The performance of magical songs for healing or sorcery is a common practice among the Shipibo-Konibo, an indigenous group dwelling on the shores of the Ucayali River in the Peruvian lowlands. Such songs are different from other genres of vocal music in the same community in a variety of ways (e.g. they may be performed in closed rituals, under the influence of hallucinogenic drugs; they are usually much... [Lire la suite]
Le 17/12/2012
la-circulation-des-musiques-dans-le-systeme-d-echanges-du-nord-du-vanuatuAvec Monika Stern (CNRS-CREDO). Dans les traditions du Vanuatu, un principe très proche du droit intellectuel existe depuis des siècles, que ce soit pour les chants, danses ou d’autres savoirs immatériels comme les contes, les motifs tressés sur une natte, les dessins sur le sable, les formules magiques, etc. Des règles complexes y sont observables notamment à travers le système d’échanges traditionnels. Si la plupart des répertoires sont libres d’interprétation pour tout individu de la communauté,... [Lire la suite]
Le 12/11/2012
composer-dans-le-langage-des-autres-une-entreprise-problematiqueavec jean Düring Cette présentation a pour prétexte la publication en septembre 2012 chez Mahoor, grand éditeur musical d’Iran (livres, cd, revue...) d’un double CD de mes compositions, que je pensais titrer en anglais : Overture, Persian compositions of  J D. Il s’agit d’une trentaine de pièces dans lesquelles de nombreuses personnes se sont investies de façon souvent désintéressée, y trouvant un caractère à la fois traditionnel et une piste à suivre. On évoquera la... [Lire la suite]
Le 22/10/2012
la-musique-et-son-doubleAvec Bernard Lortat-Jacob. Mon point de départ :  contrairement à ce que l’enseignement de conservatoire laisse entendre, la technicité en musique procède moins par engrangement mnésique de formes acoustiques, que par expérimentation [en anglais : « experiencing »]  de relations hautement personnalisées. Il y a ensuite une réalité : la musique n'est jamais un acte solitaire (aucune référence scabreuse dans cette assertion !). Elle a toujours un "double" qui, selon les... [Lire la suite]
Le 08/10/2012
les-musiciens-et-leurs-offrandes-pour-les-saints-dans-les-eglises-de-cuzcoEnrique Pilco (docteur de l'EHESS-MASCIPO). La vie musicale des principales églises de la région de Cuzco (Pérou) repose essentiellement sur un répertoire d'hymnes liturgiques de tradition orale en quechua. Ce répertoire est tout particulièrement associé aux cultes populaires, non seulement du fait des textes en langue quechua, mais également de leur contenu musical. Ce dernier est notoirement influencé par le yaraví et la qashua, deux genres indigènes remontant au XVIème siècle. Ces chants... [Lire la suite]
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